Dans ma jeunesse (vous avez vu, on dirait un vieux sage qui parle!), je me suis posée la question d’entrer dans les ordres. Faut-il y voir de ma part une prédisposition à la soumission? Je l’ignore (mais j’espère lire l’analyse de trex sur ce sujet…).
Je m’en était confiée à quelqu’une, que j’ai revue tantôt. Je l’avais eu au téléphone et lui narrait mes chemins de perdition. Elle me répondit, à ma grande surprise, qu’elle-même souhaitait en faire l’expérience et nous nous donnions rendez-vous à l’endroit où je lui avait fait des confidences bien des années plus tôt.
Un jour de houle où le vent soufflait comme un démon sur la lande, je l’attendais donc à l’Oustaou de Diou. Le temps était mauvais et l’endroit désert. Je vis enfin une silhouette avancer à ma rencontre. Puis une autre et une autre encore. Je n’en revenais pas. Il n’était pas prévu que la partie se joue à quatre. Mais j’avais foi en moi pour réussir à satisfaire tout le monde!
Les silhouettes s’approchaient, on aurait dit trois fantomes bleus, tant elles semblaient perdues dans leurs voiles et leurs robes trop amples qui leur battaient le corps!
Enfin, elle était là. Elle me salua tandis que les autres gardaient le silence. Je restais un instant ébahie : les fantomes n’étaient autre que des soeurs. Elle m’annonça alors que l’heure du jugement avait sonné pour moi. Aussitôt ses deux comparses se saisirent de moi et m’attachèrent vivement les mains dans le dos. Elles arrachèrent mes vêtements avec frénésie. Elles attachèrent l’autre extrémité de la corde à un arbuste solide au bord de la falaise puis me poussèrent dans le vide.
J’ai crié de peur d’abord. De douleur ensuite! Elles avaient prélevé quelques branches épineuses et s’en servaient comme de fouet. Je courbais la tête pour protéger mon visage. Je regardais mes larmes et mon sang rejoindre l’immensité bleue au dessous de moi.
Je n’osais me débattre mais ne maîtrisais plus ni mon corps, ni le sort que l’on me réservait. La peur du vide m’envahissait un peu plus chaque minute.
Elles m’ont abandonné là.
Il a fallu qu’un pêcheur passe et me remonte. Bon Dieu, qu’il avait les mains douces…
Expiation mercredi, Août 31 2011
Uncategorized 22:59

je pense que pour entrer dans les ordres, au dela d’une prédisposition à la soumission, c’est une prédisposition à la foi qu’il convient d’avoir… sourires
en tout cas… tres joli texte ;-).. j’aime beaucoup
Merci à vous!
Quel plaisir de vous voir sortir de votre silence! J’ai gagné ma journée 😉