J’ai retrouvé Eros, dans un dédale d’allées. Je me suis jetée à son cou, et comme il ne me rejettait pas, j’ai savouré l’instant. J’ai déposé un bisou sage dans son cou, puis ma bouche affamée, entrouverte est remontée lentement sur sa peau rugueuse jusqu’au lobe de l’oreille. Lorsque je l’ai saisi entre mes lèvres, il soupira d’aise. Profitant de ce moment où il gardait les yeux fermés, dans l’attente de la suite, j’ai repris le chemin inverse en direction de son menton pour filer droit à sa bouche. Nos langues se taquinent, favorisant la montée du désir. Il me plaque contre lui pour masquer un peu l’effet que je lui fais. Les grands magasins ne nous permettent pas d’aller plus loin, nous nous contenterons de cet en-cas!
Se consumer mardi, Mar 15 2011
désir caresse, desir, regard 22:01
Je sens ses yeux perçants se poser sur moi. Il me deshabille. Un regard glisse sur mes épaules et les bretelles de ma petite robe rouge lâchent d’un coup. Elle tombe à terre dans un bruissement doux de tissu. J’ai froid. Il ne me quitte pas des yeux. J’en tremble encore plus d’autant que sous la robe je ne portais qu’un slip. Le frisson qui me parcourt fait s’ériger de désir la pointe de mes seins désormais offerts à sa vue. D’un oeil distrait il caresse mes hanches, puis sa vision s’arrête sur mon slip qui s’embrase instantanément. Je suis nue devant lui et n’espère plus qu’un geste de sa part pour me sortir de l’embarras où je suis…
Chaste baiser mercredi, Mar 9 2011
chatte and désir baiser, caresse 21:32
Un gémissement étouffé s’exhale de mes lèvres entrouvertes tandis que les tiennes viennent de déposer un chaste baiser sur mon intimité. Ne me désire pas trop vite écartelée, offerte.
Prends le temps, s’il te plaît, de me déguster. Laisse ta langue s’aventurer sur ma peau, comme si elle glissait lentement sur une sucette, juste pour en capter le goût.
Chauffe moi à petit feu. Étouffe moi de chastes baisers avant de t’insinuer. Par petites touches, façonnes toi un passage. Alors, sous la pression de mon sang bouillonnant, je m’ouvrirai aux ardeurs de ta langue dardée en moi à la recherche du suc que je secrète.
Enfin tu pourras appuyer de toute ta force sur mes cuisses relevées pour me maintenir offerte à ta merci, t’égarer, si tu veux, sur d’autres chemins. Fais moi réviser ma gamme, du soupir au râle de plaisir, sur le rythme toujours changeant de tes aspirations.
Il se peut que soudain je devienne muette, insensible à tes caresses, ou que je me crispe à l’approche de cette jouissance que j’attends. Arrêtes-toi alors quelques instants, et, comme pour apprivoiser ma peur, recommences ailleurs, tout doucement…
Et sur le lit, alanguie, à demi-consciente, je sens mon corps encore agité de frissons d’extase.
Tout çà, pour avoir échangé avec toi, un bien chaste baiser.
Attache-moi! samedi, Fév 26 2011
Morne journée où le soleil s’est absenté et mon humeur en a souffert. Je sens mon corps crispé, une tension dont je n’arrive pas à me défaire. Je sais mon coeur en souffrance et les sombres pensées qui hantent mon esprit, ravivées par un imprévu coûteux. Et depuis, cette unique obsession. Du fric, de l’oseille, de la tune. En avoir à ras bord, gardé précieusement au chaud pour ce genre de coup dur, en avoir tant qu’on puisse se dire « bah, ce n’est rien de grave! ». Passer la journée à se répéter que de toute façon on est pas si mal loti, que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs. Vaines tentatives pour positiver. Alors, chercher un échappatoire, Reprendre certaines activités : rien n’est moins sûr quand on a l’airbag déployé! (Oui, je sais, il y a toujours des amateurs pour ce genre d’exotisme, mais bon, ils sont quand même rares!).
Sauf que, le sexe est paraît-il excellent pour le moral. Alors, s’il te plaît, attache moi. Domines-moi, puisque je ne veux plus penser à rien! Mais en douceur, pour que, sous tes caresses, je recouvre l’envie de m’accrocher et d’espérer. Approche toi lentement, fais moi frissonner sous ton souffle chaud, susurre moi à l’oreille des mots tendres, flattes moi, si tu l’oses! Lèche moi, embrasse moi, effleures moi, aime moi!
Ainsi, je te veux au soir vendredi, Fév 4 2011
désir and sensuelle and tendresse caresses, corps, gourmandise, repos 22:05
Soir d’orage en pleine montagne. Dans le petit chalet perdu au milieu des bois, un couple fatigué va se coucher.
Ils ont marché la journée durant, sous le soleil. Gravir le sommet, pique niquer là-haut, au bord d’un névé, écaler les œufs durs sur une petite pierre, déguster les tomates juteuses. Passe moi le sel, s’il te plaît. Se manger la bouche, dévorer des yeux le paysage alentours. Prendre des photos pour montrer aux enfants la beauté des cimes. Se faire des souvenirs nouveaux. Bonheur simple. Puis redescendre de ce paradis terrestre, le sac à dos léger, le cœur aussi. Marcher au rythme l’un de l’autre, se prendre la main furtivement. Revenir au chalet, s’étendre sur la chaise longue, un livre à la main. Profiter de l’été. Préparer le dîner léger : salade et grillades. Il caresse son ventre, lui mordille le cou pendant qu’elle détaille les légumes. Il graisse la viande, ajoute quelques herbes de Provence, elle saisit ses doigts, les lèche en lui adressant un regard équivoque. Ils rient. Repas tranquille sur la terrasse. Il a sans doute débouché une bonne bouteille.
– « Dis, tu te souviens? »
– « Oui. Qu’est ce qu’on fait demain? »
– « Et ce soir? »
– « Ce soir, ma belle, ma douce, ce soir, comme tous les soirs, je vais tenter de te conquérir ».
Ils échangent un sourire complice, leurs yeux pétillent.
Le soleil se couche, vaisselle. La douche, ensemble, toujours. L’un contre l’autre. Elle passe ses doigts dans les boucles de son torse : « tiens, un nouvel intrus! », murmure-t-elle. Il répond, l’air exaspéré : « encore un poil blanc! Je vieillis et tu ne te prives pas de me le faire remarquer, vilaine! » Ils s’embrassent, se sèchent, s’étendent nus sur le lit. Il fait chaud, lourd.
Dehors, les premiers éclairs zèbrent le ciel. Elle lui tend le lait après soleil anti-vieillissement. Il râle « encore tes crèmes! », mais lui étale avec application sur les épaules, les cuisses, les mollets, la massant doucement. Elle soupire de bonheur. Il s’allonge à côté d’elle : « à mon tour, maintenant ».
Un soir d’orage en pleine montagne, un couple fatigué de sa longue marche, se couche.
Les muscles de leur corps les font un peu souffrir. Mais, pourtant, leurs corps nus se touchant presque, les yeux dans les yeux, ils s’observent avec gourmandise. Leurs mains commencent un lent ballet, ils s’enlacent bientôt. Sexes collés, ils se frottent lentement.
Le tonnerre gronde maintenant, leurs souffles se mêlent. Le torrent proche a tant grossi à force de charrier des pierres qu’il n’est pas loin de déborder de son lit. Eux aussi sont trempés. Leurs râles de plaisir viennent s’ajouter au concert des éléments. Le torrent déborde ; il jouit en elle.
L’orage s’éloigne, l’accalmie revient aussi dans le chalet. De sa main, il dessine les rides de son visage. Elle l’écoute lui dire des mots d’amour et promène sa langue sur son cou salé. Tendres moments.
Un soir d’été en pleine montagne, un couple dans la soixantaine, amoureux repus, se glisse sous les draps pour s’endormir enfin.
Bonne nuit, Chéri.
Aux hommes qui sont plus que des Eros mardi, Fév 1 2011
désir baiser, bdsm, corps, Eros, main 22:14
La frustration m’envahit, je sens la colère monter en moi, irrémédiablement. J’essaie de repenser à des choses plus agréables, je me concentre sur ces regards croisés à table, sur ce bel homme qui entre dans l’ascenseur avec moi, qui porte une bague au doigt et à qui je lance en quittant : « j’espère que des bras accueillants vous attendent », à son sourire d’alors, à l’envie que j’ai qu’il m’attrape par le bras et m’invite ailleurs.
Comme rien n’y fait, comme j’ai encore envie de tout foutre en l’air, de tout briser sur l’instant, quitte à le regretter demain, j’opte pour une autre solution. Je rappelle celui-là à qui j’avais dit « désolée, je ne joue pas à ces jeux-là! » et nous convenons d’un rendez vous.
Je le suis sur un petit chemin de terre, jusqu’à une vieille grange. Il pousse la porte en murmurant dans mon cou « ici, personne ne t’entendra crier ». Je frissonne, hésitante. Qu’est-ce que je fais là? Je regarde les chaines, les cordes, les fouets qui ornent les murs. Sur une pierre, des pinces, des outils que je ne connais pas. Dans la terre battue, je crois distinguer des tâches de sang séché.
Déshabille-toi. J’obtempère lentement. ll ne me regarde pas, j’ai l’impression d’être transparente, de devenir objet. J’ai peur à ce moment précis d’être en train de perdre une part d’humanité. Il revient vers moi, ne semble toujours pas prêter attention à ma nudité : je ne le trouble pas et çà me fait de nouveau enrager. Il pose un masque sur mes yeux et annonce : çà c’est pour t’empêcher de voir à quelle sauce tu vas être mangée, sinon, je le sais, tu vas renoncer de suite. Ses paroles me piquent au vif, je sens mon corps se raidir, mes poings se serrer. Il m’enserre ensuite les chevilles à l’aide d’une corde et tout en soutenant mon corps qui bascule, me pend la tête en bas. Au bout de quelques instants passés ainsi où l’afflux de sang me donne une sensation de lourdeur, j’entends et je sens le claquement du fouet sur ma peau. Je crie de surprise, d’abord. Il répète son geste, je sens mon sang s’échapper de ma peau lacérée. Peut-être d’autres cris ont suivi, mais il cesse son geste. D’un coup, mon corps s’élève plus haut ; il s’approche. Je suppose qu’il est debout à côté de moi, son visage près du mien. Il m’interroge : « pourquoi es-tu venue? » « Pour savoir » « Faux, répond-il! Ce n’est pas cela que tu cherches, tu es venue parce que tu es en colère! » Je ne dis rien, sachant qu’il a raison, je me mure dans un silence destiné à me protéger de mes faiblesses.
Alors, il murmure à mon oreille des mots tendres. Je me cabre. Ce n’est pas cela que je veux! Je veux oublier ma souffrance dans la douleur physique. Et lui, par ses mots la ravive. Ses mains glissent sur mon corps avec une infinie douceur. Ma carapace, mon silence masquent d’abord toute réaction de ma part. Mais il poursuit, inlassablement. Ces mots me touchent, aussi sûrement que l’aiguille plantée dans mes veines. « Arrêtes, s’il te plaît », ma demande est douce d’abord, mais il n’écoute pas. Je gronde « assez, j’en ai assez! ». Il poursuit. Je sens la colère sourdre en moi, la tempête interne est prête à se déchaîner. Il continue à me parler et à me caresser, toujours sur un ton égal, pendant que je l’insulte. Mon corps dans le même temps reprend sa verticalité normale. Il ne se tait pas pour autant, ses caresses sont toujours aussi délicates sur ma peau. Il se place derrière moi, défait les liens à mes chevilles sans cesser son monologue, et tandis qu’il me tient les bras croisés dans le dos pour empêcher tout geste rebelle, je l’entends me parler d’un avenir rose en sucre, dans l’univers de tous les possibles. La réalité est si différente, parfois. Et la colère et la douleur se mêlent à l’instant comme mes larmes épousent mon sang.
Il sent qu’enfin mon corps va se délivrer de la violence de ses émotions, et me lâche. Je vacille, épuisée de cette lutte contre moi-même, tombe à genoux, me rattrape.
Un râle s’échappe de ma bouche, grandit, devient hurlement. Il dit encore : vas-y, ici, personne ne t’entend.
Au bout de quelques minutes, je m’essouffle, le bruit s’estompe, alors il me relève, me serre contre lui, m’embrasse. Dans ses bras, je récupère lentement ; il me traite comme s’il venait de m’offrir une merveilleuse jouissance et sans doute la force des ressentis est-elle similaire.
Et, plus tard, lorsque je remonte dans ma voiture, je lui murmure en rêve : merci, Amour, d’être là, malgré tout, malgré moi, pour ta constance et ta compréhension. Je voudrais me pincer, me dire que je ne rêve pas, me dire qu’il est bien réel…
Sauvageries de couloir mercredi, Juin 30 2010
désir baiser, corps, jeux coquins, provocation 20:31
On fait parfois de surprenantes rencontres, dans les couloirs. On déambule, on se presse parfois, on se serre pour laisser passer, on fait exprès de bousculer un bel hidalgo, on sursaute en apercevant une vieille connaissance au loin, on évite des portes. Et là, il s’approche pour dire bonjour, m’arrive de face, presque à se cogner le nez, dévie à la dernière minute en murmurant : « pas sur la bouche devant tout le monde » (d’un ton qui signifie tu éxagères, alors que c’est lui qui manoeuvre!). Habituée à sa petite phrase, je lui rétorque : « çà tombe bien il n’y a personne! » « Ah, alors » dit-il en me plaquant au mur, sa langue sur la mienne et ses mains sur mes seins.
Fantasme lundi, Juin 7 2010
Ambiance chaude, douce, humide, comme un printemps ensoleillé, sous des latitudes raisonnables. Non, non, un sauna peut-être. Trop petit.
Un corps luit au milieu de la pièce sobre. Un corps immobile allongé sur un lit ou une table, je ne sais. Je ne perçois pas si c’est rigide et froid ou doux et enveloppant.
L’envoutante musique d’Era raisonne.
Un corps nu, offert, à la caresse de l’homme.
Ses mains qui glissent sur la nuque, martyrisent le dos en imposant un autre tempo, font naître des vagues qui déferlent des cuisses jusqu’aux chevilles sous leur pression puis qui jouent douceur et fermeté jusqu’au bout des pieds.
Le corps oint, pétri, détendu, abandonné reste inerte un moment.
Mais les mains expertes ont repris leur danse, le corps soudain réanimé, se tend.
Un cri de vie. Long trémolo. J’ouvre les yeux.
Etait-ce un songe?
Homme, c’était bien.
Partenaire particulier lundi, Mai 24 2010
Cela fait plusieurs fois que nous nous rencontrons. Au début, laconique, il avait peu à peu justifié sa démarche. Nous n’aurions pas du nous revoir mais il s’est dit en confiance. Il s’accroche au célibat comme à une bouée de sauvetage, ne veut pas le lâcher et ne voit en moi qu’un moyen d’y parvenir. Il est pourtant bien fait, il pourrait s’offrir d’autres femmes. Pourquoi pas? Et moi à le regarder, cultivé et nonchalant, et moi à le sentir bien assuré sur ses deux pieds, comme un marin dressé dans la tempête, j’ai l’impression que mon corps explose, vient se coller à lui en mille morceaux gluants, pour que sa peau et la mienne soit fusionnées à jamais.
Ce soir, il a appelé. Ce soir, j’ai dit non, sans une explication. Je lui ai dit « plus jamais » quand mon corps lui disait « oui toujours ». Je ne dois plus le revoir, ce serait ne pas le respecter…
