Régression lundi, Sep 19 2011 

Les enfants ont leur doudous, des trucs doux velours à tripoter, à se frotter le bout du nez contre pour s’endormir en respirant son odeur, une transition, un fil entre défaite et illusion. Et moi, j’aime me coucher à côté d’un large torse mâle, rassurant ou imposant, un torse velu à tripoter, à laisser les doigts s’entortiller dans les poils soyeux ou drus, des poignées d’amour à malaxer pour évacuer toute tension, et m’endormir avec une longue sucette en bouche…

Philosophie de boudoir dimanche, Juil 10 2011 

En tête à tête avec moi, la rousse Gaelle ressurgit d’autrefois. Perdues de vue, retrouvées autour d’une tasse de thé. Échanges habituels : “tu vas bien? ton job?”. Puis la conversation dévie longuement sur les enfants, leurs dernières bêtises, leurs bons mots, les petits moments de tendresse quand ils trouvent que leur maman est une Princesse… On passe aux poissons rouges et autres animaux dont on s’entoure pour oublier le vide de nos vies. Le papa fait aussi l’objet de discussion, s’il est encore là ; mais jamais on évoque ouvertement nos couples respectifs. Sujet trop intime peut-être, pourtant, on se confiait tout à l’époque. Par fierté peut-être ou par un postulat essentiel : çà ne peut qu’aller, tout nous réussi, nous sommes forcément des “winners”. Pourtant, je devine, dans ses yeux verts, la lassitude ou l’habitude.
On se promet que la prochaine fois on se verra avec toute la smala. Ce qu’on ne se dit pas, c’est qu’ainsi on se jaugera :est-elle vraiment meilleure que moi? La bonne éducation des enfants, la solidité du couple seront les indices de réussite. Mais nous reverrons nous, c’est peu probable.
Je trempe un boudoir dans mon thé, il est l’heure de se quitter.
Sourires tristes qui se croisent, quand penchée à sa portière pour un dernier au revoir, en démarrant la voiture, le haut-parleur nous fait entendre “fatiguée d’attendre”. Nostalgie de nos années à nous, à nous deux, peuplées de désirs masculins, mais où nous tenions par la main … en cachette.

Prière vendredi, Juil 1 2011 

Une habitude oubliée de petite fille, qui ressurgit parfois, quand mes joies ou mes peurs sont si fortes que j’éprouve le besoin de communiquer avec celui-là, invisible mais que j’imagine toujours à l’écoute.
Ce soir, donc, je me glisse sous les draps et joins les paumes de mes mains. J’implore l’Ange qui veille sur moi.
“Mon Ange,
Il y a si longtemps que je n’ai ressenti ta présence. Je voudrais tant sentir le poids de ton corps au dessus du mien. Me faire fragile au creux de tes bras si forts. Me réchauffer sous ton souffle caressant. Rend moi docile sans utiliser le moindre mors. ..”
J’ai poursuivi ma litanie, longtemps, imaginant mes doigts courant dans la soie de ses cheveux blonds, glissant sur son visage souriant. Mes yeux dans les siens, plongés dans leur lumière, y lire le mot Bonheur. Mes lèvres sur son torse sculpté cherchant des perles de sueur.
J’ai rêvé, blottie dans les draps blancs comme au creux de tes ailes, qu’un jour ma prière soit exaucée.

Le nouvel homme mardi, Juin 28 2011 

Il est entré dans ma vie par un beau soir d’été, vision idyllique de cet homme nu sur lequel je suis la première à poser les mains. Bien sûr, j’ai saigné pour l’avoir, mais de le sentir passer entre mes cuisses, quelle récompense! La chaleur de sa peau ensuite, lorsqu’il s’endort contre moi, qui me donne des envies de nouveaux corps à corps. Le désir qui renaît dès que ses lèvres effleurent mes seins…
Il est l’un des seuls hommes qui peut mettre en oeuvre, sans que je m’en offusque, les pratiques les plus sales.
Bref, une nouvelle peau à caresser, de beaux yeux à découvrir, mille baisers à partager.
Oui, mais ces caresses et ses baisers resteront éternellement chastes, puisque c’est de mon fils, dont il s’agit ici!

En-cas vendredi, Mar 25 2011 

J’ai retrouvé Eros, dans un dédale d’allées. Je me suis jetée à son cou, et comme il ne me rejettait pas, j’ai savouré l’instant. J’ai déposé un bisou sage dans son cou, puis ma bouche affamée, entrouverte est remontée lentement sur sa peau rugueuse jusqu’au lobe de l’oreille. Lorsque je l’ai saisi entre mes lèvres, il soupira d’aise. Profitant de ce moment où il gardait les yeux fermés, dans l’attente de la suite, j’ai repris le chemin inverse en direction de son menton pour filer droit à sa bouche. Nos langues se taquinent, favorisant la montée du désir. Il me plaque contre lui pour masquer un peu l’effet que je lui fais. Les grands magasins ne nous permettent pas d’aller plus loin, nous nous contenterons de cet en-cas!

Attache-moi! samedi, Fév 26 2011 

Morne journée où le soleil s’est absenté et mon humeur en a souffert. Je sens mon corps crispé, une tension dont je n’arrive pas à me défaire. Je sais mon coeur en souffrance et les sombres pensées qui hantent mon esprit, ravivées par un imprévu coûteux. Et depuis, cette unique obsession. Du fric, de l’oseille, de la tune. En avoir à ras bord, gardé précieusement au chaud pour ce genre de coup dur, en avoir tant qu’on puisse se dire « bah, ce n’est rien de grave! ». Passer la journée à se répéter que de toute façon on est pas si mal loti, que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs. Vaines tentatives pour positiver. Alors, chercher un échappatoire, Reprendre certaines activités : rien n’est moins sûr quand on a l’airbag déployé! (Oui, je sais, il y a toujours des amateurs pour ce genre d’exotisme, mais bon, ils sont quand même rares!).
Sauf que, le sexe est paraît-il excellent pour le moral. Alors, s’il te plaît, attache moi. Domines-moi, puisque je ne veux plus penser à rien! Mais en douceur, pour que, sous tes caresses, je recouvre l’envie de m’accrocher et d’espérer. Approche toi lentement, fais moi frissonner sous ton souffle chaud, susurre moi à l’oreille des mots tendres, flattes moi, si tu l’oses! Lèche moi, embrasse moi, effleures moi, aime moi!

L’homme qui pleure vendredi, Fév 18 2011 

Petite fille, j’imaginais enfermer dans un grand sac de toile tous les maux du monde et je l’aurai porté sur mon dos, errant ainsi ma vie entière, collectant partout où je passais mon fardeau, courbant le dos sous son poids mais avançant toujours, pour que les Hommes rient.
J’ai grandi (un peu) : je sais que je ne peux pas grand chose pour soulager leur douleur ; chaque homme, chaque femme qui court après le bonheur soulève aussi dans son sillage quelques particules de malheur.
Aujourd’hui, je regarde mes petits et je prie pour que la Vie ne morde pas trop fort dans leurs chairs tendres ; je vois ma peau-croco et pourtant, je me sens bien incapable de les protéger pleinement…

Aujourd’hui, contre mon sein, je serre un homme qui pleure. Moi, l’escort, qui suis là pour donner quelques instants de bonheur charnel, je suis impuissante à soulager sa peine. Et tout l’amour que je pourrai lui donner n’y changera rien.
J’ai relevé un peu sa tête, appuyé mon front contre le sien, pour mieux capter ses pensées. J’ai dénoué sa cravate, défait un par un, très lentement, les boutons de sa chemise. J’ai fait glisser tout doucement le tissu vers l’arrière de ses épaules pour dénuder son torse. Et toujours en silence, j’ai saisi ses mains, puis j’ai déposé un baiser léger et délicat. Tendrement, du bout des lèvres, j’ai baisé son coeur, symboliquement pour en effacer la blessure.
L’homme pleure sur mon sein.
Il est beau, l’homme qui a du chagrin.

Haut voltage mardi, Fév 8 2011 

Il était électricien, si je me rappelle bien. Débarqué chez moi en tenue de travail, j’avais posé mes conditions sous forme de proposition commerciale : un deuxième tour de manège gratuit si nous évitions le grand huit au premier tour. Étonné d’abord, il a fini par négocier une remise de 50% pour la première fois, n’étant pas sûr d’y revenir. Une fois les clauses particulières établies, nous nous sommes approchés.
Lentement, j’ai dézippé son bleu de travail, découvrant avec surprise et intérêt qu’il ne portait rien en dessous. J’ai exploré son torse large et musclé (allez, allez, Messieurs, soyez beaux joueurs), jouant avec la pilosité de sa poitrine virile, poussant les caresses jusqu’en des lieux plus sensibles, pendant qu’il faisait de même. Impressionnée par tant de douceur, j’étais à deux doigts de me pâmer lorsqu’il a cessé brusquement. Il n’a eu que faire de mon regard implorant, me murmurant à l’oreille : « j’ai rempli ma part du contrat ».
Encore bandé, il s’est rhabillé. Électrisée, je lui demandais : « tu reviens quand? ». « Très vite », dit-il en souriant.
Et je suis restée là, le feu au ventre.

Ainsi, je te veux au soir vendredi, Fév 4 2011 

Soir d’orage en pleine montagne. Dans le petit chalet perdu au milieu des bois, un couple fatigué va se coucher.
Ils ont marché la journée durant, sous le soleil. Gravir le sommet, pique niquer là-haut, au bord d’un névé, écaler les œufs durs sur une petite pierre, déguster les tomates juteuses. Passe moi le sel, s’il te plaît. Se manger la bouche, dévorer des yeux le paysage alentours. Prendre des photos pour montrer aux enfants la beauté des cimes. Se faire des souvenirs nouveaux. Bonheur simple. Puis redescendre de ce paradis terrestre, le sac à dos léger, le cœur aussi. Marcher au rythme l’un de l’autre, se prendre la main furtivement. Revenir au chalet, s’étendre sur la chaise longue, un livre à la main. Profiter de l’été. Préparer le dîner léger : salade et grillades. Il caresse son ventre, lui mordille le cou pendant qu’elle détaille les légumes. Il graisse la viande, ajoute quelques herbes de Provence, elle saisit ses doigts, les lèche en lui adressant un regard équivoque. Ils rient. Repas tranquille sur la terrasse. Il a sans doute débouché une bonne bouteille.
– « Dis, tu te souviens? »
– « Oui. Qu’est ce qu’on fait demain? »
– « Et ce soir? »
– « Ce soir, ma belle, ma douce, ce soir, comme tous les soirs, je vais tenter de te conquérir ».
Ils échangent un sourire complice, leurs yeux pétillent.
Le soleil se couche, vaisselle. La douche, ensemble, toujours. L’un contre l’autre. Elle passe ses doigts dans les boucles de son torse : « tiens, un nouvel intrus! », murmure-t-elle. Il répond, l’air exaspéré : « encore un poil blanc! Je vieillis et tu ne te prives pas de me le faire remarquer, vilaine! » Ils s’embrassent, se sèchent, s’étendent nus sur le lit. Il fait chaud, lourd.
Dehors, les premiers éclairs zèbrent le ciel. Elle lui tend le lait après soleil anti-vieillissement. Il râle « encore tes crèmes! », mais lui étale avec application sur les épaules, les cuisses, les mollets, la massant doucement. Elle soupire de bonheur. Il s’allonge à côté d’elle : « à mon tour, maintenant ».

Un soir d’orage en pleine montagne, un couple fatigué de sa longue marche, se couche.
Les muscles de leur corps les font un peu souffrir. Mais, pourtant, leurs corps nus se touchant presque, les yeux dans les yeux, ils s’observent avec gourmandise. Leurs mains commencent un lent ballet, ils s’enlacent bientôt. Sexes collés, ils se frottent lentement.
Le tonnerre gronde maintenant, leurs souffles se mêlent. Le torrent proche a tant grossi à force de charrier des pierres qu’il n’est pas loin de déborder de son lit. Eux aussi sont trempés. Leurs râles de plaisir viennent s’ajouter au concert des éléments. Le torrent déborde ; il jouit en elle.
L’orage s’éloigne, l’accalmie revient aussi dans le chalet. De sa main, il dessine les rides de son visage. Elle l’écoute lui dire des mots d’amour et promène sa langue sur son cou salé. Tendres moments.

Un soir d’été en pleine montagne, un couple dans la soixantaine, amoureux repus, se glisse sous les draps pour s’endormir enfin.
Bonne nuit, Chéri.

Et le temps qui passe vendredi, Jan 28 2011 

Un soir au clair de lune,
un cheveu blond sur ta peau brune.
Un jour ensoleillé,
plonger dans l’abîme de ses yeux délavés
Une seconde violente
au bout d’une valse lente
Une infinie douceur,
juste avec toi, mon cœur.

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