Contentement passe richesse mardi, Jan 4 2011 

Le chant d’amour des baleines est paraît-il mystérieux, fascinant…Tant mieux! Parce qu’en ce moment, ma devanture s’arrondissant à vue d’oeil, la baleine en formation que je suis, a encore quelques envies à satisfaire! Même si l’on voit où tout cela nous mène au final…
A celles qui ne jouissent pas actuellement d’un tel embonpoint, je souhaite d’avoir l’oeil de biche et la cuisse légère pour gouter tout au long de cette nouvelle année à bien des plaisirs terrestres! Quand aux bretteurs, fines lames et autres pourfendeurs en tout genre, bien du plaisir également!

Retour aux sources samedi, Déc 18 2010 

Pendant ces deux prochaines semaines, je fais un retour aux sources. Pas d’Internet, je boude la toile d’araignée et lave mon linge sale en famille. Je vais aussi profiter de ceux qui me sont chers, et d’autres plaisirs moins virtuels : nourrir les bêtes, respirer au grand air, regarder la course des nuages, le feu qui crépite dans la cheminée.
Je vous souhaite de bonnes fêtes de fin d’année et plein de bonheurs simples à partager.
A bientôt

L’enfant gatée vendredi, Déc 10 2010 

Aujourd’hui, c’est fête : je suis invitée à la cour, je dîne avec le Prince! J’ai mis ma plus belle robe, une robe rose longue à frous-frous, paillettes, longue traîne ; des bijoux, maquillée, parfumée, les cheveux longs remontés en chignon : une vraie princesse. Je me mire une énième fois dans le miroir, çà va être génial! A ce moment là, une servante entre pour me cirer une dernière fois mes jolis souliers et se met à me raconter les dernières rumeurs de la cour. Le Prince aurait été surpris en galante compagnie : Mlle Anaïs et Mme de N. se partageant ses faveurs, avec des gestes plus qu’indécents. Elle ajoute : mais, je crois que c’est Mme de N. qui obtient ses faveurs : il met à sa disposition son attelage royal, lorsqu’il ne l’accompagne pas lui-même dans ses promenades. Elle raconte, sans voir mes traits qui se crispent. Je connaissais la longue liste des courtisanes, mais aujourd’hui, ces rumeurs m’atteignent. Est-ce d’apprendre en même temps que le prince me convie à venir le rejoindre plus tard qu’à l’heure initialement prévue, parce qu’il promène Mme de N.
Enfin, ma servante se retire! Enfin, je peux donner libre cours à ma rage : je fulmine, je trépigne et me laisse choir à terre. Je me sens vidée, transparente, incapable de faire le moindre mouvement. Je n’ai plus envie de ce diner en tête-à-tête. Je suis comme l’enfant à qui l’on a promis deux boules de glace à la pistache et à qui finalement, on tend misérablement une boule de glace à la vanille et qui de colère n’a qu’une envie : vous la renvoyer à travers la tronche! Oui, mais je ne peux pas me permettre d’offenser un prince. La pendule marque l’heure du départ, je me lève sans entrain.
Arrivée au palais, le prince descend les marches du perron pour venir m’accueillir en personne ; dans un dernier mouvement de colère mal contenue, je claque avec force la porte de mon carrosse doré. Les valets présents me regardent étonnés, habitués, de ma part, à plus de discrétion. Le Prince lui-même en me baisant la main m’enjoint de me calmer. Je ne fais plus d’esclandre, je rentre dans le rang. Le diner est courtois.
A minuit, il est temps pour moi de rentrer, et dans le carosse qui m’emporte loin de ses yeux, j’abandonne le masque de princesse d’un soir. Les sentiments confus se bousculent, m’envahissent, me dominent et s’échappent en longs sanglots. J’ai honte de me laisser aller ainsi, j’étouffe mes cris de rage en me mordant avec violence.
Je regagne mon logis, je brise sur mon passage quelques bibelots et vases avant d’atteindre mon refuge, ma chambre, où je déchire ma robe et en jette avec fureur les lambeaux dans le feu. Ce spectacle en moi ne ravive aucune joie, au contraire, mon chagrin ne s’apaise pas. Mon désespoir coule sur mes joues : je ne serai jamais une princesse, juste une belle de nuit…

Les hommes qui passent jeudi, Déc 2 2010 

Dans la chambre étrange qui ressemble à un palais des glaces, une baie vitrée immense laisse entrer la lumière vive du dehors, en ce matin ensoleillé. Au plafond, une peinture laquée, métallique, qui renvoie le reflet du lit. Sur la cheminée, trône une immense glace, les portes des placards sont des mirroirs. Dans cette mise en scène hors du commun, trois corps se déchainent. Les images se reflètent à l’infini, sous toutes les coutures, se déforment, se mélangent.
Le premier vient en moi, se retire rapidement pour laisser la place au deuxième qui jouit peu après.
Alors, je saisis sur la table de nuit le petit mirroir à main et le place devant mon sexe ouvert. Je regarde fascinée, leurs deux jus mêlés déborder, se répandre en un torrent de lave blanc…
Définitivement, je suis une catin.

Moi et l’autre mardi, Nov 23 2010 

Jouer à être une autre
Enfiler l’armure
Qui cache mes blessures
Dissimuler dans un sourire
Les larmes de mon coeur
Jouer les indifférentes
Mais souffrir de ton absence
Connaître nos attaches et rêver de liberté

Si j’étais moi
Tu aurais droit à un débordement de sauvagerie
Je hurlerai à la mort
Je mordrais celles qui t’approchent
Pour un regard ou pour un mot
Pas même de trop
Je te saisirai, ô ma proie,
Pour t’emmener au fond des bois
Faire de toi, ce que je veux
Telle une mante religieuse

Mais rassure toi,
Je suis l’autre
Celle qu’on n’entend pas,
Celle qu’on ne voit pas
Chut, pas un mot!
Je ne protesterai
Ni à tes mensonges
Ni à tes excuses.

Mauvais genre lundi, Nov 22 2010 

Lèvres trop rouges, yeux trop noirs
La noirceur de mon âme s’étale jusqu’à mes ongles peints
Jupe trop courte qui remonte bien trop haut
J’m’en fiche cachée sous mon legging noir
Assise sur le trottoir, les bottes dans le caniveau ruisselant
Cheveux lâchés, tels une infraction au code vestimentaire
Désinvolte, une main entre les cuisses.
Dans ma bouche, j’ai calé un instant le chewing gum,
Le temps de tirer une bouffée de la pipe qui brûle mes lèvres.

Comme par défi, m’agresser ou provoquer la violence, la chercher,
Mauvais genre, la fille qui se cherche sur ce bout de trottoir
Je ne sais pas si depuis lors, elle s’est trouvée
Mais des fois, je voudrais me retrouver comme alors, dans la nuit noire.
Un défi assassin, se vouloir seule et sans âme
Avec dans le casque posé sur les oreilles un tonitruant « j’men fous, de tout, de ces chaines… »
M’abrutir, m’enlaidir, me trouver belle à mourir?

Pensées malsaines dimanche, Nov 21 2010 

– J’ai chaud!
– Tu as chaud ou tu es chaude?
– J’ai chaud et ma chatte a besoin d’une bonne toilette à grands coups de langue!
– Mais je sui le Maître et je déciderai de ton sort! Et puisque tu as chaud, commence par te deshabiller.
J’éclate de rire : je suis en plein milieu d’une foule empressée qui se bouscule déjà pour faire ses achats de Noel. Il n’en est donc pas question.
Il se fâche à l’autre bout du fil, m’ordonne d’obtempérer. Je ris de plus belle, le taquines vaillament. Mais je sais que je ne prends aucun risque. J’imagine son sourire à me voir ainsi rebelle.
Et soudain, au milieu de la foule, je l’aperçois. Je fonds sur lui, me jette à son cou. Il m’embrasse en protestant doucement : « Jamais tu ne m’obéis! » « Tu n’as pas dis : s’il te plaît! »… Il me sourit.

Poupée mardi, Nov 16 2010 

Je ne peux plus penser ; c’est de ta faute! Je ne suis pas l’écervelée blondasse.
Je ne suis plus qu’un corps. A ta merci. J’attends ce moment avec impatience. Celui où tes mains se poseront sur moi, me donneront le signal. Alors, je vais revivre quand tes doigts froids parvenus en haut de mes bas glisseront sur mes cuisses nues, remonteront le long de mes fesses et enlèveront ma robe. Tu oteras mon soutien gorge et j’aurai chaud. Ta bouche baisant mes seins fera naître des frissons sur mon corps. Je retrouverai l’usage de mes muscles lorsque tu feras glisser à terre mon string. Des soupirs s’exhaleront de mes lèvres quand ta langue explorera mon intimité. Mon corps petit à petit ondulera, s’agitera, se désarticulera au rythme de tes coups destinés à m’ouvrir, à m’assaillir plus profondément. Enfin, ma voix réapparaitra sous forme de gémissements, longues suppliques pour te garder en moi, encore. Parce qu’après, tu m’abandonneras, inerte, jusqu’à ce que tu aies et le temps et l’envie de revenir jouer avec moi.

Les hommes en sabot samedi, Nov 13 2010 

PLOC, PLOC, PLOC, PLOC. Les voilà revenus, les sabots!
Ils ne sont plus à la mode, mais toujours d’actualité.
Celui-là qui, d’habitude, me salue de loin,
Aujourd’hui s’avance et me tend la main
Comme si le fait de tenir un instant mes doigts entre les siens
Pouvait lui offrir l’opportunité d’accéder à mon corps tout entier.
PLOC, PLOC, PLOC, PLOC.
Et ce grand là dans le bureau d’en face,
Qui d’habitude entre et sort sans me jeter un regard
Et, aujourd’hui me dévisage, ose un sourire auquel, polie, je réponds.
Il se croit alors autorisé à pouvoir en avoir plus,
Fait demi-tour, s’installe un peu face à ma vitre, puis vient carrément y camper.
PLOC, PLOC, PLOC, PLOC.
Que dire de celui-ci qui, ayant d’autres occupations féminines
A perdu l’habitude de venir me saluer
Et qui ce matin, entre, s’appuie au mur l’air suffoqué
Pour m’avouer : vous êtes sublime, je devais passer
PLOC, PLOC, PLOC, PLOC.
Les hommes sont des terriens, ils n’onst pas oublié
Et les voilà qui courrent, complimentent, osent espérer
Pour une tenue seyante ou des cheveux lachés
Ils chaussent leurs sabots et gentilshommes déchus
Tentent de nous amadouer et de faire oublier
Que leur seul intérêt est de nous croquer crues.
C’est peut-être pour cela, que mon attirance pour es hommes-oiseaux (rares, s’entend) demeure
Eux qui ont ce pouvoir de me prendre la main et me faire voyager vers d’autres cieux
Car enfin, hommes en sabot, aujourd’hui rayonnante je suis, mais demain?
Seriez vous là, aussi, au bord de mon lit
A accourir, prévenants, devant ma mine fatiguée?
Je sais que certains oui, mon Ange me l’a dit
Car en ce moment, cela m’arrive souvent
La cause, sans doute, à cette petite graine d’humain qui en moi grandit.

Novembre vendredi, Nov 5 2010 

Les mains posées sur le grand bol de thé, chaud. Oublier le brouhaha autour de moi, la télé, les gens qui parlent fort. Ne plus entendre les sarcasmes, les critiques, cette ambiance pesante. Vouloir à tout prix oublier ces mots qui me déchirent les oreilles, me soulèvent le cœur, qui m’ouvrent les entrailles, qui m’insultent et me blessent plus que si l’on m’avait craché au visage.
Le temps d’une respiration, plonger en apnée. Les yeux fixés sur le liquide, brulant et immobile, se sentir happée. Désirer cette chaleur, cette quiétude. Alors, tout doucement, dans mon for intérieur, je L’appèle : « viens, s’il te plait! Ici, j’étouffe et je me noie ». Mais, il n’apparait pas sur commande, alors je fais le vide pour lui laisser de la place.
Étreintes. Enserrée dans ses bras. Tentative de fusion. L’Ange et moi.
Impossible mélange, moi et l’Ange.
Court réconfort, déjà l’Ange a pris son envol.
Je termine mon thé rapidement, il est grand temps de partir. Je me lève, laissant là ceux qui me salissent.

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