Mots d’elles samedi, Sep 17 2011 

Il me dit qu’elle le fait rire
Il me dit qu’il l’a faite rougir
Mais moi, j’m’en fous, j’veux pas l’entendre

Il me dit qu’elle le trouve beau
Il me dit qu’il l’appelle chérie
Et moi, j’trouve ça très indécent

Il me dit qu’elle lui donne de ses nouvelles
Il me dit en rigolant “je lui ai proposé de lui faire un enfant”
Moi, j’ai plus rien à lui répondre

Il me dit …
Mais qu’il la baise!
Il me dit …
Surtout qu’il se taise!

Le nouvel homme mardi, Juin 28 2011 

Il est entré dans ma vie par un beau soir d’été, vision idyllique de cet homme nu sur lequel je suis la première à poser les mains. Bien sûr, j’ai saigné pour l’avoir, mais de le sentir passer entre mes cuisses, quelle récompense! La chaleur de sa peau ensuite, lorsqu’il s’endort contre moi, qui me donne des envies de nouveaux corps à corps. Le désir qui renaît dès que ses lèvres effleurent mes seins…
Il est l’un des seuls hommes qui peut mettre en oeuvre, sans que je m’en offusque, les pratiques les plus sales.
Bref, une nouvelle peau à caresser, de beaux yeux à découvrir, mille baisers à partager.
Oui, mais ces caresses et ses baisers resteront éternellement chastes, puisque c’est de mon fils, dont il s’agit ici!

En-cas vendredi, Mar 25 2011 

J’ai retrouvé Eros, dans un dédale d’allées. Je me suis jetée à son cou, et comme il ne me rejettait pas, j’ai savouré l’instant. J’ai déposé un bisou sage dans son cou, puis ma bouche affamée, entrouverte est remontée lentement sur sa peau rugueuse jusqu’au lobe de l’oreille. Lorsque je l’ai saisi entre mes lèvres, il soupira d’aise. Profitant de ce moment où il gardait les yeux fermés, dans l’attente de la suite, j’ai repris le chemin inverse en direction de son menton pour filer droit à sa bouche. Nos langues se taquinent, favorisant la montée du désir. Il me plaque contre lui pour masquer un peu l’effet que je lui fais. Les grands magasins ne nous permettent pas d’aller plus loin, nous nous contenterons de cet en-cas!

Chaste baiser mercredi, Mar 9 2011 

Un gémissement étouffé s’exhale de mes lèvres entrouvertes tandis que les tiennes viennent de déposer un chaste baiser sur mon intimité. Ne me désire pas trop vite écartelée, offerte.
Prends le temps, s’il te plaît, de me déguster. Laisse ta langue s’aventurer sur ma peau, comme si elle glissait lentement sur une sucette, juste pour en capter le goût.
Chauffe moi à petit feu. Étouffe moi de chastes baisers avant de t’insinuer. Par petites touches, façonnes toi un passage. Alors, sous la pression de mon sang bouillonnant, je m’ouvrirai aux ardeurs de ta langue dardée en moi à la recherche du suc que je secrète.
Enfin tu pourras appuyer de toute ta force sur mes cuisses relevées pour me maintenir offerte à ta merci, t’égarer, si tu veux, sur d’autres chemins. Fais moi réviser ma gamme, du soupir au râle de plaisir, sur le rythme toujours changeant de tes aspirations.
Il se peut que soudain je devienne muette, insensible à tes caresses, ou que je me crispe à l’approche de cette jouissance que j’attends. Arrêtes-toi alors quelques instants, et, comme pour apprivoiser ma peur, recommences ailleurs, tout doucement…
Et sur le lit, alanguie, à demi-consciente, je sens mon corps encore agité de frissons d’extase.
Tout çà, pour avoir échangé avec toi, un bien chaste baiser.

L’homme qui pleure vendredi, Fév 18 2011 

Petite fille, j’imaginais enfermer dans un grand sac de toile tous les maux du monde et je l’aurai porté sur mon dos, errant ainsi ma vie entière, collectant partout où je passais mon fardeau, courbant le dos sous son poids mais avançant toujours, pour que les Hommes rient.
J’ai grandi (un peu) : je sais que je ne peux pas grand chose pour soulager leur douleur ; chaque homme, chaque femme qui court après le bonheur soulève aussi dans son sillage quelques particules de malheur.
Aujourd’hui, je regarde mes petits et je prie pour que la Vie ne morde pas trop fort dans leurs chairs tendres ; je vois ma peau-croco et pourtant, je me sens bien incapable de les protéger pleinement…

Aujourd’hui, contre mon sein, je serre un homme qui pleure. Moi, l’escort, qui suis là pour donner quelques instants de bonheur charnel, je suis impuissante à soulager sa peine. Et tout l’amour que je pourrai lui donner n’y changera rien.
J’ai relevé un peu sa tête, appuyé mon front contre le sien, pour mieux capter ses pensées. J’ai dénoué sa cravate, défait un par un, très lentement, les boutons de sa chemise. J’ai fait glisser tout doucement le tissu vers l’arrière de ses épaules pour dénuder son torse. Et toujours en silence, j’ai saisi ses mains, puis j’ai déposé un baiser léger et délicat. Tendrement, du bout des lèvres, j’ai baisé son coeur, symboliquement pour en effacer la blessure.
L’homme pleure sur mon sein.
Il est beau, l’homme qui a du chagrin.

Passe moi le savon! jeudi, Fév 17 2011 

Soleil printanier sur le sable blanc de la Manche. Dans le ciel, des avions, des mouettes, des cerfs-volants. Sur la plage, un homme marié dont la femme et les enfants sont partis en vacances. Lui, retenu par le travail, ne les a pas suivis. Mais, en ce weekend, il s’accorde une pause liberté à mes côtés. Il m’a appellé pour vérifier mes disponibilités, a réservé une chambre avec vue sur la mer. Et nous voilà ensemble pour la journée. Au programme : baignades, bronzette, pique-nique au bord de l’eau, sieste, lectures, conversations en duo, comme un vieux couple.
Mais voilà, c’était sans compter sur les caprices de la météo et en fin de journée, le ciel s’assombrit. On remballe nos affaires pour regagner la voiture laissée au bout du chemin sablonneux, quelque part au milieu des dunes. Une pluie tiède se met à tomber. Bientôt, ma robe de plage colle à ma peau, nous peinons à avancer et nous sommes bel et bien trempés en arrivant à son véhicule.
Il charge dans le coffre les paniers, puis revient vers moi. Sa main caresse mon visage comme pour en chasser les gouttelettes qui ne cessent de ruisseler. Il me sourit et demande : reste, s’il te plaît. Comme j’hésite, il m’attire vers lui et me bascule sur le capot. Son torse collé au mien, mes jambes croisées dans le bas de son dos, lentement, silencieusement, il progresse en moi. La pluie martèle le capot. Son souffle chaud balaye mon visage. Je ferme les yeux. Ses bras m’enserrent pour éviter que mon corps ne se déplace à chaque nouveau coup de rein plus ample que le précédent. Longtemps, nous ondulons ainsi, parfaitement enlacés. Puis une extase presque muette. La pluie tombe toujours.
Retour à l’hôtel, la douche chaude, les vêtements secs, avant de descendre à la salle de restaurant. C’est l’heure des plaisirs de la chère avant d’autres heures plus torrides. Mais je sais déjà, qu’à ses côtés, la nuit sera longue et douce.

Aux hommes qui sont plus que des Eros mardi, Fév 1 2011 

La frustration m’envahit, je sens la colère monter en moi, irrémédiablement. J’essaie de repenser à des choses plus agréables, je me concentre sur ces regards croisés à table, sur ce bel homme qui entre dans l’ascenseur avec moi, qui porte une bague au doigt et à qui je lance en quittant : « j’espère que des bras accueillants vous attendent », à son sourire d’alors, à l’envie que j’ai qu’il m’attrape par le bras et m’invite ailleurs.
Comme rien n’y fait, comme j’ai encore envie de tout foutre en l’air, de tout briser sur l’instant, quitte à le regretter demain, j’opte pour une autre solution. Je rappelle celui-là à qui j’avais dit « désolée, je ne joue pas à ces jeux-là! » et nous convenons d’un rendez vous.
Je le suis sur un petit chemin de terre, jusqu’à une vieille grange. Il pousse la porte en murmurant dans mon cou « ici, personne ne t’entendra crier ». Je frissonne, hésitante. Qu’est-ce que je fais là? Je regarde les chaines, les cordes, les fouets qui ornent les murs. Sur une pierre, des pinces, des outils que je ne connais pas. Dans la terre battue, je crois distinguer des tâches de sang séché.
Déshabille-toi. J’obtempère lentement. ll ne me regarde pas, j’ai l’impression d’être transparente, de devenir objet. J’ai peur à ce moment précis d’être en train de perdre une part d’humanité. Il revient vers moi, ne semble toujours pas prêter attention à ma nudité : je ne le trouble pas et çà me fait de nouveau enrager. Il pose un masque sur mes yeux et annonce : çà c’est pour t’empêcher de voir à quelle sauce tu vas être mangée, sinon, je le sais, tu vas renoncer de suite. Ses paroles me piquent au vif, je sens mon corps se raidir, mes poings se serrer. Il m’enserre ensuite les chevilles à l’aide d’une corde et tout en soutenant mon corps qui bascule, me pend la tête en bas. Au bout de quelques instants passés ainsi où l’afflux de sang me donne une sensation de lourdeur, j’entends et je sens le claquement du fouet sur ma peau. Je crie de surprise, d’abord. Il répète son geste, je sens mon sang s’échapper de ma peau lacérée. Peut-être d’autres cris ont suivi, mais il cesse son geste. D’un coup, mon corps s’élève plus haut ; il s’approche. Je suppose qu’il est debout à côté de moi, son visage près du mien. Il m’interroge : « pourquoi es-tu venue? » « Pour savoir » « Faux, répond-il! Ce n’est pas cela que tu cherches, tu es venue parce que tu es en colère! » Je ne dis rien, sachant qu’il a raison, je me mure dans un silence destiné à me protéger de mes faiblesses.
Alors, il murmure à mon oreille des mots tendres. Je me cabre. Ce n’est pas cela que je veux! Je veux oublier ma souffrance dans la douleur physique. Et lui, par ses mots la ravive. Ses mains glissent sur mon corps avec une infinie douceur. Ma carapace, mon silence masquent d’abord toute réaction de ma part. Mais il poursuit, inlassablement. Ces mots me touchent, aussi sûrement que l’aiguille plantée dans mes veines. « Arrêtes, s’il te plaît », ma demande est douce d’abord, mais il n’écoute pas. Je gronde « assez, j’en ai assez! ». Il poursuit. Je sens la colère sourdre en moi, la tempête interne est prête à se déchaîner. Il continue à me parler et à me caresser, toujours sur un ton égal, pendant que je l’insulte. Mon corps dans le même temps reprend sa verticalité normale. Il ne se tait pas pour autant, ses caresses sont toujours aussi délicates sur ma peau. Il se place derrière moi, défait les liens à mes chevilles sans cesser son monologue, et tandis qu’il me tient les bras croisés dans le dos pour empêcher tout geste rebelle, je l’entends me parler d’un avenir rose en sucre, dans l’univers de tous les possibles. La réalité est si différente, parfois. Et la colère et la douleur se mêlent à l’instant comme mes larmes épousent mon sang.
Il sent qu’enfin mon corps va se délivrer de la violence de ses émotions, et me lâche. Je vacille, épuisée de cette lutte contre moi-même, tombe à genoux, me rattrape.
Un râle s’échappe de ma bouche, grandit, devient hurlement. Il dit encore : vas-y, ici, personne ne t’entend.
Au bout de quelques minutes, je m’essouffle, le bruit s’estompe, alors il me relève, me serre contre lui, m’embrasse. Dans ses bras, je récupère lentement ; il me traite comme s’il venait de m’offrir une merveilleuse jouissance et sans doute la force des ressentis est-elle similaire.
Et, plus tard, lorsque je remonte dans ma voiture, je lui murmure en rêve : merci, Amour, d’être là, malgré tout, malgré moi, pour ta constance et ta compréhension. Je voudrais me pincer, me dire que je ne rêve pas, me dire qu’il est bien réel…

L’enfant gatée vendredi, Déc 10 2010 

Aujourd’hui, c’est fête : je suis invitée à la cour, je dîne avec le Prince! J’ai mis ma plus belle robe, une robe rose longue à frous-frous, paillettes, longue traîne ; des bijoux, maquillée, parfumée, les cheveux longs remontés en chignon : une vraie princesse. Je me mire une énième fois dans le miroir, çà va être génial! A ce moment là, une servante entre pour me cirer une dernière fois mes jolis souliers et se met à me raconter les dernières rumeurs de la cour. Le Prince aurait été surpris en galante compagnie : Mlle Anaïs et Mme de N. se partageant ses faveurs, avec des gestes plus qu’indécents. Elle ajoute : mais, je crois que c’est Mme de N. qui obtient ses faveurs : il met à sa disposition son attelage royal, lorsqu’il ne l’accompagne pas lui-même dans ses promenades. Elle raconte, sans voir mes traits qui se crispent. Je connaissais la longue liste des courtisanes, mais aujourd’hui, ces rumeurs m’atteignent. Est-ce d’apprendre en même temps que le prince me convie à venir le rejoindre plus tard qu’à l’heure initialement prévue, parce qu’il promène Mme de N.
Enfin, ma servante se retire! Enfin, je peux donner libre cours à ma rage : je fulmine, je trépigne et me laisse choir à terre. Je me sens vidée, transparente, incapable de faire le moindre mouvement. Je n’ai plus envie de ce diner en tête-à-tête. Je suis comme l’enfant à qui l’on a promis deux boules de glace à la pistache et à qui finalement, on tend misérablement une boule de glace à la vanille et qui de colère n’a qu’une envie : vous la renvoyer à travers la tronche! Oui, mais je ne peux pas me permettre d’offenser un prince. La pendule marque l’heure du départ, je me lève sans entrain.
Arrivée au palais, le prince descend les marches du perron pour venir m’accueillir en personne ; dans un dernier mouvement de colère mal contenue, je claque avec force la porte de mon carrosse doré. Les valets présents me regardent étonnés, habitués, de ma part, à plus de discrétion. Le Prince lui-même en me baisant la main m’enjoint de me calmer. Je ne fais plus d’esclandre, je rentre dans le rang. Le diner est courtois.
A minuit, il est temps pour moi de rentrer, et dans le carosse qui m’emporte loin de ses yeux, j’abandonne le masque de princesse d’un soir. Les sentiments confus se bousculent, m’envahissent, me dominent et s’échappent en longs sanglots. J’ai honte de me laisser aller ainsi, j’étouffe mes cris de rage en me mordant avec violence.
Je regagne mon logis, je brise sur mon passage quelques bibelots et vases avant d’atteindre mon refuge, ma chambre, où je déchire ma robe et en jette avec fureur les lambeaux dans le feu. Ce spectacle en moi ne ravive aucune joie, au contraire, mon chagrin ne s’apaise pas. Mon désespoir coule sur mes joues : je ne serai jamais une princesse, juste une belle de nuit…

Pensées malsaines dimanche, Nov 21 2010 

– J’ai chaud!
– Tu as chaud ou tu es chaude?
– J’ai chaud et ma chatte a besoin d’une bonne toilette à grands coups de langue!
– Mais je sui le Maître et je déciderai de ton sort! Et puisque tu as chaud, commence par te deshabiller.
J’éclate de rire : je suis en plein milieu d’une foule empressée qui se bouscule déjà pour faire ses achats de Noel. Il n’en est donc pas question.
Il se fâche à l’autre bout du fil, m’ordonne d’obtempérer. Je ris de plus belle, le taquines vaillament. Mais je sais que je ne prends aucun risque. J’imagine son sourire à me voir ainsi rebelle.
Et soudain, au milieu de la foule, je l’aperçois. Je fonds sur lui, me jette à son cou. Il m’embrasse en protestant doucement : « Jamais tu ne m’obéis! » « Tu n’as pas dis : s’il te plaît! »… Il me sourit.

Poupée mardi, Nov 16 2010 

Je ne peux plus penser ; c’est de ta faute! Je ne suis pas l’écervelée blondasse.
Je ne suis plus qu’un corps. A ta merci. J’attends ce moment avec impatience. Celui où tes mains se poseront sur moi, me donneront le signal. Alors, je vais revivre quand tes doigts froids parvenus en haut de mes bas glisseront sur mes cuisses nues, remonteront le long de mes fesses et enlèveront ma robe. Tu oteras mon soutien gorge et j’aurai chaud. Ta bouche baisant mes seins fera naître des frissons sur mon corps. Je retrouverai l’usage de mes muscles lorsque tu feras glisser à terre mon string. Des soupirs s’exhaleront de mes lèvres quand ta langue explorera mon intimité. Mon corps petit à petit ondulera, s’agitera, se désarticulera au rythme de tes coups destinés à m’ouvrir, à m’assaillir plus profondément. Enfin, ma voix réapparaitra sous forme de gémissements, longues suppliques pour te garder en moi, encore. Parce qu’après, tu m’abandonneras, inerte, jusqu’à ce que tu aies et le temps et l’envie de revenir jouer avec moi.

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