Faire le mur mardi, Oct 11 2011 

Il y a aux abords de la forêt où j’aime me promener un petit parapet. De loin, je distingue sa silhouette. L’homme d’âge mûr se repose sans doute de sa promenade. Etendu sur les pierres, en plein soleil printannier, il semble dormir. Ce qui frappe dans sa posture, ce sont ses jambes repliées. Tout autre que lui aurait une jambe tendue et l’autre pliée pour se donner un air plus détendu. Est-ce une posture de yoga ou travaille-t-il ainsi ses abdos? Je m’approche à pas velours pour mieux le détailler.
Ses lunettes noires lui donnent l’apparence d’un pilote de chasse. Je l’imagine en train de répéter mentalement ses prochains looping pour la parade du 14 juillet et je me demande si en actionnant sa manette de gaz, il en sortira une traînée bleue, blanche ou rouge.
Crac. Une brindille sous mes pieds. Il ne sursaute pas mais tiré de sa torpeur me regarde m’avancer en souriant.
Hardi petit, je vais bientôt avoir la réponse à ma question. Je me suis installée sur lui, à califourchon. J’ai un peu tatonné au démarrage mais très vite, sur ses indications, j’ai manié le manche comme il fallait : il a franchi le mur du son!

Régression lundi, Sep 19 2011 

Les enfants ont leur doudous, des trucs doux velours à tripoter, à se frotter le bout du nez contre pour s’endormir en respirant son odeur, une transition, un fil entre défaite et illusion. Et moi, j’aime me coucher à côté d’un large torse mâle, rassurant ou imposant, un torse velu à tripoter, à laisser les doigts s’entortiller dans les poils soyeux ou drus, des poignées d’amour à malaxer pour évacuer toute tension, et m’endormir avec une longue sucette en bouche…

Le nouvel homme mardi, Juin 28 2011 

Il est entré dans ma vie par un beau soir d’été, vision idyllique de cet homme nu sur lequel je suis la première à poser les mains. Bien sûr, j’ai saigné pour l’avoir, mais de le sentir passer entre mes cuisses, quelle récompense! La chaleur de sa peau ensuite, lorsqu’il s’endort contre moi, qui me donne des envies de nouveaux corps à corps. Le désir qui renaît dès que ses lèvres effleurent mes seins…
Il est l’un des seuls hommes qui peut mettre en oeuvre, sans que je m’en offusque, les pratiques les plus sales.
Bref, une nouvelle peau à caresser, de beaux yeux à découvrir, mille baisers à partager.
Oui, mais ces caresses et ses baisers resteront éternellement chastes, puisque c’est de mon fils, dont il s’agit ici!

Noir et rouge, que ton sang coule! mardi, Mar 8 2011 

Tu avais dit : je ne veux pas d’une baise académique!
J’ai mis un gros collier à pointes longues et effilées, j’ai peint mes ongles et ma bouche en noir, je me suis fait les yeux charbonneux et le teint blafard. Pour le contraste, j’ai enfilé une longue robe du soir, noire, décolletée, en doux velours.
Dans ta chambre, je t’ai déshabillé. Tu t’es allongé confortablement sur ton lit. J’ai attaché tes poignets au pied du lit. Puis lentement, j’ai fait glissé mon corps sur le tien, mon collier griffant ta peau. J’ai caressé tes seins, ton sexe, mes va et vient sur ton corps laissant à chaque passage de nouvelles empreintes. Ta peau rougie finit par céder et çà et là, quelques perles de sang sont apparues.
Ton sang rouge sur la pointe de mon collier gris, c’est joli.
Ces perles rubis sur nos peaux blanches aussi.
Je te fais souffrir, parce que j’ai mal. Simplement. Ce n’est rien contre toi, ni à cause de toi. C’est peut-être parce que tu ne m’appartiens pas. Il faut que la violence que je contiens exploses à la fin. Alors, que ton sang coule!
Je lèche tes plaies, celles que j’ai ouvertes. J’entends ton souffle. Tu demandes que je cesse sur le champs et que je te détache. Je n’obéis pas. Tu changes de ton. Je croise ton regard assombri de colère. Tu me scrutes ainsi alors que je poursuis mes lacérations. Enfin, tu menaces : « je ne te conseille pas de me délivrer maintenant ».
Par défi, par jeu, immédiatement je défais tes liens. D’un bond, tu te redresses, en sifflant « à ton tour! ». Je comprends trop bien ce qui m’attend et me débats. Ma robe se déchire dans la violence de nos combats. Tu m’arraches mon collier et le promène sur mes bras, mes jambes. Je te résistes encore un peu.
Puis la fatigue s’empare de nos corps meurtris, et nous finissons, emmêlés, dans une position plus académique.

Aux armes, chevalier! mardi, Fév 22 2011 

Il est assis, nu, sur la chaise. Nonchalant, la tête penchée reposant sur son avant bras gauche et la jambe droite repliée s’appuyant sur l’autre genou.
J’ai frôlé son genou droit, puis ma main gantée a poursuivi son chemin sur sa cuisse, son torse, en même temps que je faisais le tour du siège.
Je reviens devant lui, mais lui tourne le dos. J’attrape sous la jupe courte et plissée mon string, que je fais glisser lelong de mes jambes tendues. Puis, je m’assois sur lui, à califourchon. Sa virilité est bien réveillée : je glisse l’épée dans son fourreau…
La suite de l’histoire? Relisez vos classiques!

Ainsi, je te veux au soir vendredi, Fév 4 2011 

Soir d’orage en pleine montagne. Dans le petit chalet perdu au milieu des bois, un couple fatigué va se coucher.
Ils ont marché la journée durant, sous le soleil. Gravir le sommet, pique niquer là-haut, au bord d’un névé, écaler les œufs durs sur une petite pierre, déguster les tomates juteuses. Passe moi le sel, s’il te plaît. Se manger la bouche, dévorer des yeux le paysage alentours. Prendre des photos pour montrer aux enfants la beauté des cimes. Se faire des souvenirs nouveaux. Bonheur simple. Puis redescendre de ce paradis terrestre, le sac à dos léger, le cœur aussi. Marcher au rythme l’un de l’autre, se prendre la main furtivement. Revenir au chalet, s’étendre sur la chaise longue, un livre à la main. Profiter de l’été. Préparer le dîner léger : salade et grillades. Il caresse son ventre, lui mordille le cou pendant qu’elle détaille les légumes. Il graisse la viande, ajoute quelques herbes de Provence, elle saisit ses doigts, les lèche en lui adressant un regard équivoque. Ils rient. Repas tranquille sur la terrasse. Il a sans doute débouché une bonne bouteille.
– « Dis, tu te souviens? »
– « Oui. Qu’est ce qu’on fait demain? »
– « Et ce soir? »
– « Ce soir, ma belle, ma douce, ce soir, comme tous les soirs, je vais tenter de te conquérir ».
Ils échangent un sourire complice, leurs yeux pétillent.
Le soleil se couche, vaisselle. La douche, ensemble, toujours. L’un contre l’autre. Elle passe ses doigts dans les boucles de son torse : « tiens, un nouvel intrus! », murmure-t-elle. Il répond, l’air exaspéré : « encore un poil blanc! Je vieillis et tu ne te prives pas de me le faire remarquer, vilaine! » Ils s’embrassent, se sèchent, s’étendent nus sur le lit. Il fait chaud, lourd.
Dehors, les premiers éclairs zèbrent le ciel. Elle lui tend le lait après soleil anti-vieillissement. Il râle « encore tes crèmes! », mais lui étale avec application sur les épaules, les cuisses, les mollets, la massant doucement. Elle soupire de bonheur. Il s’allonge à côté d’elle : « à mon tour, maintenant ».

Un soir d’orage en pleine montagne, un couple fatigué de sa longue marche, se couche.
Les muscles de leur corps les font un peu souffrir. Mais, pourtant, leurs corps nus se touchant presque, les yeux dans les yeux, ils s’observent avec gourmandise. Leurs mains commencent un lent ballet, ils s’enlacent bientôt. Sexes collés, ils se frottent lentement.
Le tonnerre gronde maintenant, leurs souffles se mêlent. Le torrent proche a tant grossi à force de charrier des pierres qu’il n’est pas loin de déborder de son lit. Eux aussi sont trempés. Leurs râles de plaisir viennent s’ajouter au concert des éléments. Le torrent déborde ; il jouit en elle.
L’orage s’éloigne, l’accalmie revient aussi dans le chalet. De sa main, il dessine les rides de son visage. Elle l’écoute lui dire des mots d’amour et promène sa langue sur son cou salé. Tendres moments.

Un soir d’été en pleine montagne, un couple dans la soixantaine, amoureux repus, se glisse sous les draps pour s’endormir enfin.
Bonne nuit, Chéri.

Aux hommes qui sont plus que des Eros mardi, Fév 1 2011 

La frustration m’envahit, je sens la colère monter en moi, irrémédiablement. J’essaie de repenser à des choses plus agréables, je me concentre sur ces regards croisés à table, sur ce bel homme qui entre dans l’ascenseur avec moi, qui porte une bague au doigt et à qui je lance en quittant : « j’espère que des bras accueillants vous attendent », à son sourire d’alors, à l’envie que j’ai qu’il m’attrape par le bras et m’invite ailleurs.
Comme rien n’y fait, comme j’ai encore envie de tout foutre en l’air, de tout briser sur l’instant, quitte à le regretter demain, j’opte pour une autre solution. Je rappelle celui-là à qui j’avais dit « désolée, je ne joue pas à ces jeux-là! » et nous convenons d’un rendez vous.
Je le suis sur un petit chemin de terre, jusqu’à une vieille grange. Il pousse la porte en murmurant dans mon cou « ici, personne ne t’entendra crier ». Je frissonne, hésitante. Qu’est-ce que je fais là? Je regarde les chaines, les cordes, les fouets qui ornent les murs. Sur une pierre, des pinces, des outils que je ne connais pas. Dans la terre battue, je crois distinguer des tâches de sang séché.
Déshabille-toi. J’obtempère lentement. ll ne me regarde pas, j’ai l’impression d’être transparente, de devenir objet. J’ai peur à ce moment précis d’être en train de perdre une part d’humanité. Il revient vers moi, ne semble toujours pas prêter attention à ma nudité : je ne le trouble pas et çà me fait de nouveau enrager. Il pose un masque sur mes yeux et annonce : çà c’est pour t’empêcher de voir à quelle sauce tu vas être mangée, sinon, je le sais, tu vas renoncer de suite. Ses paroles me piquent au vif, je sens mon corps se raidir, mes poings se serrer. Il m’enserre ensuite les chevilles à l’aide d’une corde et tout en soutenant mon corps qui bascule, me pend la tête en bas. Au bout de quelques instants passés ainsi où l’afflux de sang me donne une sensation de lourdeur, j’entends et je sens le claquement du fouet sur ma peau. Je crie de surprise, d’abord. Il répète son geste, je sens mon sang s’échapper de ma peau lacérée. Peut-être d’autres cris ont suivi, mais il cesse son geste. D’un coup, mon corps s’élève plus haut ; il s’approche. Je suppose qu’il est debout à côté de moi, son visage près du mien. Il m’interroge : « pourquoi es-tu venue? » « Pour savoir » « Faux, répond-il! Ce n’est pas cela que tu cherches, tu es venue parce que tu es en colère! » Je ne dis rien, sachant qu’il a raison, je me mure dans un silence destiné à me protéger de mes faiblesses.
Alors, il murmure à mon oreille des mots tendres. Je me cabre. Ce n’est pas cela que je veux! Je veux oublier ma souffrance dans la douleur physique. Et lui, par ses mots la ravive. Ses mains glissent sur mon corps avec une infinie douceur. Ma carapace, mon silence masquent d’abord toute réaction de ma part. Mais il poursuit, inlassablement. Ces mots me touchent, aussi sûrement que l’aiguille plantée dans mes veines. « Arrêtes, s’il te plaît », ma demande est douce d’abord, mais il n’écoute pas. Je gronde « assez, j’en ai assez! ». Il poursuit. Je sens la colère sourdre en moi, la tempête interne est prête à se déchaîner. Il continue à me parler et à me caresser, toujours sur un ton égal, pendant que je l’insulte. Mon corps dans le même temps reprend sa verticalité normale. Il ne se tait pas pour autant, ses caresses sont toujours aussi délicates sur ma peau. Il se place derrière moi, défait les liens à mes chevilles sans cesser son monologue, et tandis qu’il me tient les bras croisés dans le dos pour empêcher tout geste rebelle, je l’entends me parler d’un avenir rose en sucre, dans l’univers de tous les possibles. La réalité est si différente, parfois. Et la colère et la douleur se mêlent à l’instant comme mes larmes épousent mon sang.
Il sent qu’enfin mon corps va se délivrer de la violence de ses émotions, et me lâche. Je vacille, épuisée de cette lutte contre moi-même, tombe à genoux, me rattrape.
Un râle s’échappe de ma bouche, grandit, devient hurlement. Il dit encore : vas-y, ici, personne ne t’entend.
Au bout de quelques minutes, je m’essouffle, le bruit s’estompe, alors il me relève, me serre contre lui, m’embrasse. Dans ses bras, je récupère lentement ; il me traite comme s’il venait de m’offrir une merveilleuse jouissance et sans doute la force des ressentis est-elle similaire.
Et, plus tard, lorsque je remonte dans ma voiture, je lui murmure en rêve : merci, Amour, d’être là, malgré tout, malgré moi, pour ta constance et ta compréhension. Je voudrais me pincer, me dire que je ne rêve pas, me dire qu’il est bien réel…

Ô chaude! lundi, Jan 24 2011 

(Décidément, un thème récurrent ces derniers temps.)
Après une soirée arrosée, dans tous les sens du terme, nous avions fini en transes. Il était temps pour moi de partir, aussi, je me dirigeais vers la douche, histoire de reprendre une allure plus présentable. Je fais couler l’eau brulante sur ma peau. La vapeur envahit l’espace. J’aime ce moment de sérénité. Il me rejoint sous l’eau, râle un peu parce que c’est trop chaud. On se savonne en silence. Puis, il m’attrape par les hanches, me serre contre lui. Nos corps se frottent. C’est doux, la mousse partout! Je sens son regard se perdre dans mes yeux. Il rouvre l’eau et me dit : viens, je vais te rincer. J’ai horreur d’avoir de l’eau dans la figure, alors je me retourne et il rince mes cheveux longs, puis la douchette se promène le long de mon corps. Il appuie sur le stop douche et me serre à nouveau contre lui. Je prends conscience de son membre raidi qu’il tente, malgré la promiscuité de maintenir hors de contact. Mais comme je fais le geste inverse, il saisit mes poignets, me plaque les mains au mur, se colle contre moi, et alors que son sexe se positionne contre le mien, il murmure à mon oreille : « je peux? ».
J’aime les hommes polis, alors je n’ai pas joué les reines, tellement heureuse de recevoir une si douce demande…

Les hommes qui passent jeudi, Déc 2 2010 

Dans la chambre étrange qui ressemble à un palais des glaces, une baie vitrée immense laisse entrer la lumière vive du dehors, en ce matin ensoleillé. Au plafond, une peinture laquée, métallique, qui renvoie le reflet du lit. Sur la cheminée, trône une immense glace, les portes des placards sont des mirroirs. Dans cette mise en scène hors du commun, trois corps se déchainent. Les images se reflètent à l’infini, sous toutes les coutures, se déforment, se mélangent.
Le premier vient en moi, se retire rapidement pour laisser la place au deuxième qui jouit peu après.
Alors, je saisis sur la table de nuit le petit mirroir à main et le place devant mon sexe ouvert. Je regarde fascinée, leurs deux jus mêlés déborder, se répandre en un torrent de lave blanc…
Définitivement, je suis une catin.

Poupée mardi, Nov 16 2010 

Je ne peux plus penser ; c’est de ta faute! Je ne suis pas l’écervelée blondasse.
Je ne suis plus qu’un corps. A ta merci. J’attends ce moment avec impatience. Celui où tes mains se poseront sur moi, me donneront le signal. Alors, je vais revivre quand tes doigts froids parvenus en haut de mes bas glisseront sur mes cuisses nues, remonteront le long de mes fesses et enlèveront ma robe. Tu oteras mon soutien gorge et j’aurai chaud. Ta bouche baisant mes seins fera naître des frissons sur mon corps. Je retrouverai l’usage de mes muscles lorsque tu feras glisser à terre mon string. Des soupirs s’exhaleront de mes lèvres quand ta langue explorera mon intimité. Mon corps petit à petit ondulera, s’agitera, se désarticulera au rythme de tes coups destinés à m’ouvrir, à m’assaillir plus profondément. Enfin, ma voix réapparaitra sous forme de gémissements, longues suppliques pour te garder en moi, encore. Parce qu’après, tu m’abandonneras, inerte, jusqu’à ce que tu aies et le temps et l’envie de revenir jouer avec moi.

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