Malade, ce soir. Tenue casual : grosses chaussettes, pull extra large qui couvre mes genoux déjà au chaud sous le caleçon. Recroquevillée sur le canapé, à siroter mon thé pour me tenir éveillée, malgré l’heure, malgré le froid, malgré qu’il faudrait mieux dormir pour se soigner. Sweet music. Mélancolie. Me revient alors cette chanson : I’m a barbie girl … life in plastic , it’s fantastic : you can brush my hair, undress me everywhere. Des fois, je voudrais bien n’être qu’une poupée : sans coeur. (Et le seul Ken dont je rêvais, fut sans doute Ken le survivant : violence abrutissante au nom du Bien).
Le disque est fini, le silence envahit la pièce. Dehors, pas un bruit. Je crois qu’il neige. Et là, frisson étrange. Je sens sa présence. Assis, contre moi, derrière moi, il me serre dans ses bras. Il y a sa chaleur contre mon corps. Comme à chaque fois que le doute envahit ma vie, il me revient. Comme quand j’étais petite et qu’il venait me protéger des ses immenses ailes blanches. Déjà, la tranquillité interne renait.
Mais, aujourd’hui, il se produit quelquechose de tout à fait inhabituel. Du bout de ses ailes, il dessine pudiquement les contours de mon visage, de mon corps. Tout doucement. J’ose à peine respirer, je n’ose le questionner de peur que le son de ma voix l’effraie et le fasse s’envoler. Il me semble qu’un souffle caresse mon cou. Jamais mon ange ne m’avait ainsi effleuré, il s’était toujours contenté d’être là, de m’offrir sa présence rassurante.
Je me prends à rêver qu’un homme un jour puisse me toucher ainsi, avec autant d’infinie tendresse et de sensualité. Et la présence de l’ange, ce soir, me laisse croire qu’un jour mes rêves seront réalité. D’ailleurs, c’est sans doute le message qu’il voulait me délivrer car déjà il a disparu…
Merci, mon ange, d’être là.
Chapitre 3 : un ange passe jeudi, Oct 21 2010
Uncategorized corps, desir, sensualité 22:00
Intime samedi, Oct 9 2010
Uncategorized érotisme, corps, desir, effeuillage, masturbation, regard 21:46
A une heure avancée de la nuit, mes insomnies m’ont réveillées. Je me lève, rajoute une buche dans la cheminée. Je reste là, assise par terre, tout proche du foyer. Je regarde les flammes danser. Cette vision me libère en même temps qu’elle m’échauffe. J’écoute le bruit du feu, le silence de la nuit m’oppresse. Je me lève lentement, j’allume la radio en sourdine. C’est l’heure des slows, et des chansons sexy, celle des présentateurs à la voix grave et caressante, celle où les gens raisonnables dorment paisiblement. J’observe les ombres qui dansent au plafond. Debout sur mon lit : je me fais face. L’immense glace sur la cheminée me renvoie mon image.
Au rythme de la musique, je me déshabille. Nue. Puis je descends du lit. J’attrape dans un tiroir quelques mantilles, j’en noue une sur mes seins, l’autre à ma taille. Je remonte sur le lit pour me voir. La dentelle noire sublime ma peau, la couvrant d’un voile impudique.
Ensuite, je vais décrocher du mur, une autre glace, plus petite. Je la cale contre le bord du lit, je m’allonge devant, la glace entre les genoux. Les flammes se reflètent dedans. Une main se glisse sous la mantille…
Objet de vos plaisirs mardi, Oct 5 2010
Uncategorized corps, refus 20:39
On s’est mangé des yeux pendant le repas, on a à peine parlé. On s’éclipse déjà, besoin d’être seuls pour se connaitre. Promenade au clair de lune, romantique à souhait. Mais déjà tu m’allonges sur la pelouse, je te dis non, je te repousse, çà va trop vite, je serre les cuisses. Tu ne m’entends pas.
Là, dans la grange au milieu de nulle part, tu tonds les moutons, je roule la laine. Tu t’arrêtes et lances Okay? Je trouve la pause bienvenue. Tu enjambes la barrière et je comprends, trop tard pour s’enfuir, trop vain de crier. Je recule, tu m’attrapes par le bras, je proteste mais tu n’écoutes pas. Tu ôtes mon pantalon : je suis à toi.
Je sens que tu louvoies, fais mine de t’égarer, mais ce que tu veux c’est ne pas passer par le jardin, tu te pointes à l’arrière. Oui mais voilà, j’ai mal. Je crie mais çà ne t’arrêtes pas. Tout ce qui compte alors, c’est ton plaisir, moi je n’en suis que l’objet…
On ne dit pas mercredi, Sep 29 2010
Uncategorized corps, desir, rencontre, travail 20:35
Il y a dans le bureau d’en face une dizaine de mâles, petits ou grands, bruns ou rasés et quelques représentantes de la gent féminine. Mais surtout, il y a Lui. Tenues seyantes légèrement extravagantes, cette touche d’originalité qui me change des habituels costards-cravate.
Il s’encadre dans la porte et je ne vois que lui, épaules carrés, muscles saillants mis en valeur par un haut très ajusté. Quelques jours pour se sourire. Puis, il me salue. Être surprise et rougir violemment, comme une débutante. Il pourrait être gardien de la paix mais je ne la connais plus depuis que je l’ai vu. J’ai rêvé qu’il soit encore mon garde du corps. Sentir son absence seule le soir, et par défaut, choisir le paquet de cacahouètes, visionner Bodygard en sirotant un verre de vin de noix. (Promis, je ne chanterai pas…)
Sa mission se termine à la fin de la semaine. Alors, de retour de pause, se croiser dans l’escalier, plonger mon regard dans le lac clair de ses yeux et lui avouer : çà ne se dit pas mais, je vous veux. Il a sourit et s’est approché…
Eros aux mille visages mercredi, Sep 8 2010
Uncategorized corps, regard, rencontre 22:01
Un bonjour, ou pas, parfois quelques mots, parfois des romans, échanges devenus communs, par mail ou par billets interposés et équivoques… De ces femmes, de ces hommes, je ne sais presque rien. A peine quelques bribes de vie échangées. Je ne sais rien et pourtant, j’aime ces entrevues virtuelles. Celles qui font sourire ou celles qui font mal. J’aime ces rencontres avec ces hommes, ces femmes, étranges fantômes sans visage, sans corps, totalement dématérialisés, dont seule l’âme parfois transparait, ces pseudo-créatures qui parlent d’amour à leur façon, toutes différentes, avec passion, avec culture, avec expérience.
A vous que j’aime lire,
A vous que j’aime apprendre
A vous dont les mots me font sourire
A vous que j’espère encore
Battements de cil…
Echapée, belle! vendredi, Sep 3 2010
Uncategorized corps, jeux coquins, main, rencontre, rire, travail 19:38
Petite levrette pour la forme. Il est tranquillement installé en moi et parle, parle, parle…Quel bavard! Mais attention, pas de mots doux, sucrés ni sales. Non : il me raconte son job, sa secrétaire qu’il trouve si bonne. Intéressée, je finis par questionner un peu. Il me livre un nom et j’éclate de rire. Hilare, incapable désormais de poursuivre le jeu coquin auquel nous nous adonnions, je serpente sur le lit pour me défaire de son étreinte. Il tente de me retenir, je parviens à m’extirper de ses mains. Gagné par mon fou rire, il demande dans un demi-sourire : « Quoi? Qu’ai je dit? » Je ris de plus belle, me tords tout en essayant d’échapper à ses bras qui m’enserrent, m’imposent de me calmer. Il se couche à mes côtés, caresse mes cheveux, susurre à mon oreille des phrases que je n’entends pas. Il voudrait reprendre, je ne le peux pas. Je me lève doucement, me rhabille et lui rend son argent. Médusé un moment, il finit par demander « pourquoi? ». Je ne réponds pas. Il râle, dit qu’il trouve cela rageant. Sur le seuil de la porte, je rassemble mon courage pour me retourner, sans le regarder, je lance une dernière politesse : Adieu!
Je sais que je ne le reverrais jamais.
Demain, il comprendra pourquoi j’ai ri. Demain, ou tout à l’heure, sur son bureau, il recevra la lettre que j’ai posté hier. Demain, certainement, il aura dans son courier ma demande pour intégrer sa boîte…
Bruits mercredi, Sep 1 2010
Uncategorized corps, fessée, main 21:13
Clac! La porte
Clac! La gifle
Bam! Mon corps à terre
SSS! Vetements partis
ZZZ! Il se dézippe
Slurp! Langue universelle
Aîe! Seins pincés
MMM! Il croit en moi
Clac! Fesses rougies
Grrr! Il mord
Ha! Rapide extase
Ouf! C’est fini
De passage jeudi, Juil 22 2010
Uncategorized corps, repos 21:13
Hommes très vite subjugués
Hommes trop vite envollés
A l’image du tout premier
Celui qui m’a fait saigner
Il s’est levé au petit matin
M’a embrassé en disant ne bouge pas, je reviens
Je l’ai attendu
Il n’est jamais reparu
Hommes (et femmes), il se pourrait que je m’éclipse un peu les prochains temps, car c’est l’heure de se lever, d’aller fouler pieds nus le sable blanc et fin des bords de mer, avec une radio qui crache « vacances, j’oublie tout, plus rien à faire du tout, j’m’envoie en l’air, çà c’est super, folie légère » (si j’ai bonne mémoire : un an sans pratiquer : dur, dur!). Pour ceux qui aiment les tendances trash, vous pouvez vous le faire « à la queue leu leu ». Si j’ai besoin d’ombre fraîche, je ferais un petit tour par ici. Amusez vous bien!
Le professeur samedi, Juil 17 2010
fesses corps, exhibition, rencontre 21:15
Il m’accueille dans son bureau en disant : je veux vous fesser! Je le regarde, surprise. Ce n’est pas dans mes pratiques et nous en avions convenu avant de nous rencontrer. Il m’inspire confiance, pourtant. Aussi, j’ôte juste mon pantalon rapidement, remets mes mules compensées et m’accoude à sa table de travail, lui offrant matière à ses disgressions. J’attends que sa main me frappe mais rien ne vient. Je me retourne : il est à genoux derrière moi, immobile. Il a dû croire que je m’impatientais car je reçois alors le premier impact. Mais, il me caresse l’extérieur des cuisses, les fesses. .. Dans le même temps, il m’avoue que c’est la première fois qu’il touche une femme, qu’il se sent maladroit. Ce n’est certainement pas le premier qui a recourt à une rencontre tarifée pour une première expérience, mais c’est la première fois qu’on me l’avoue. Je trouve cela plutôt amusant et lui impose une règle du jeu : puisqu’il est professeur de langue (française!), je lui demande d’oraliser ses découvertes. Il s’exécute sagement, j’ai droit à une prose magnifique. Lentement, il tâte les fermes formes, en cultivateur poli, il creuse du doigt le sillon. Echange pédagogique : j’apprends les mots, il goûte la peau.
I wanna dance jeudi, Juil 15 2010
rétroviseur baiser, corps, effeuillage, lecture, lingerie 22:55
Un soir d’été en terre étrangère. Une nuit d’été, quand le travail est terminé, je vais me coucher. Je rejoins sans enthousiasme la caravane sinistre au plancher troué qui me sert d’abri. Je me sens un peu SDF, la caravane ne ferme pas à clé, elle stationne depuis des lustres à côté d’une grange vide sur les murs de laquelle on peut lire « girls spread their legs over ». Ambiance! Je me sens seule car on ne m’adresse la parole que pour me donner des ordres. Je mange les restes que l’on daigne m’accorder : lorsqu’on m’appelle pour diner, c’est que les autres ont terminé. J’ai horriblement besoin d’évasion!
Alors ce soir, dans la caravane pourrie, au milieu de livres qui parlent de baise, j’ai allumé la télé, comme tous les soirs, machinalement. Mais ce soir, la télé m’a lâché, elle ne capte rien et moi, j’ai franchement pas envie de galérer, de me battre contre la technologie défaillante. Je balaie du regard mon environnement clos et tombe soudain sur une pepite : un vieux disque de Whitney Houston. Et bingo, à proximité : le tourne disque. Je mets en marche. « I wanna dance with somebody, yeah I wanna dance with somebody, with somebody who loves me ». J’aime. Je me repasse en boucle la chanson, j’en profite pour me deshabiller en rythme. Les vetements volent dans la caravane : je m’en fous, il fait nuit noire, je suis dans un coin reculé de la propriété, personne ne peut me voir, et d’abord, à cette heure-ci, ils doivent dormir.
Je suis en slip, toujours en train de me déhancher lorsque j’entends des pas sur les graviers. Un mélange de peur et de honte m’envahit. Illico presto, j’éteins musique et lumière, me précipite côté chambre, finis de me deshabiller et me glisse, nue, sous les draps. A plat ventre, la tête enfouie dans l’oreiller, faire semblant de dormir, avoir le souffle coupé et le coeur qui cogne tellement fort que le bourdonnement dans les oreilles m’empêchent de capter comme je le voudrais les bruits alentours. Ne pas entendre la porte qui se referme dans un claquement sec, ni les pas lourds qui se dirigent vers le lit, ni le froissement des vetements qu’on laisse tomber à terre. Ne pas sentir le drap qui se soulève, ni le frôlement de sa cuisse lorsqu’il m’enjambe pour se caler à quattre pattes au dessus de moi, ni la pression de ses jambes qui m’enserrent, ni son sexe dur sur mes fesses. Son mouvement rapproche sa bouche de mon oreille, son bassin m’écrase et me pousse vers l’avant, m’ouvrant les cuisses. Il s’inserre et constate satisfait « you were waiting for me ». Et nous avons dansé…
