Sauvageries de couloir mercredi, Juin 30 2010 

On fait parfois de surprenantes rencontres, dans les couloirs. On déambule, on se presse parfois, on se serre pour laisser passer, on fait exprès de bousculer un bel hidalgo, on sursaute en apercevant une vieille connaissance au loin, on évite des portes. Et là, il s’approche pour dire bonjour, m’arrive de face, presque à se cogner le nez, dévie à la dernière minute en murmurant : « pas sur la bouche devant tout le monde » (d’un ton qui signifie tu éxagères, alors que c’est lui qui manoeuvre!). Habituée à sa petite phrase, je lui rétorque : « çà tombe bien il n’y a personne! » « Ah, alors » dit-il en me plaquant au mur, sa langue sur la mienne et ses mains sur mes seins.

Journée d’évaluation de l’activité professionnelle mardi, Juin 15 2010 

Il lui fallait être en forme, dopée, mordante, et ô combien sereine et souriante, totalement détendue. Bref, faire impression, bonne impression. Nous avions donc décidé de passer ensemble les dernières heures de la nuit, ou comment affronter une telle journée si ce n’est en s’étant au préalable repue de multiples sensations bénéfiques, pour se sentir belle, se sentir exister. Nous nous sommes retrouvées à l’aube dans cette chambre d’hôtel face à la plage.
J’étais là pour lui accorder toute l’importance qu’elle méritait, pour délasser son corps et vivifier son esprit. J’étais là pour lui dire que sous mes doigts, je la façonnais belle, que sous ma langue, elle était la meilleure, et que dans nos assauts, elle était la plus forte.
La tête perdue entre ses cuisses, je l’entendis soudain m’affirmer, entre deux soupirs, « çà ne va pas! Aujourd’hui, je ne dois pas me faire baiser! Tourne toi, que je te prennes ». J’ai ri puis à quatre pattes, tournée vers elle, je l’ai laissée jouer en moi.
Nous nous sommes enfin levées, douchées.
Un thé, un pain au chocolat, pour compléter les plaisirs de bouche, comme un plein bol de dopamine
Un coup d’oeil à son maquillage léger, à sa jupe courte, sans trop, à son décolleté bien ajusté. Clins d’oeil, sourires. « Tu es magnifique, ce sera une belle journée ».
A midi, elle m’a appelée, heureuse : on remet çà l’an prochain, j’ai eu ma promotion. Je t’adore.

Fantasme lundi, Juin 7 2010 

Ambiance chaude, douce, humide, comme un printemps ensoleillé, sous des latitudes raisonnables. Non, non, un sauna peut-être. Trop petit.
Un corps luit au milieu de la pièce sobre. Un corps immobile allongé sur un lit ou une table, je ne sais. Je ne perçois pas si c’est rigide et froid ou doux et enveloppant.
L’envoutante musique d’Era raisonne.
Un corps nu, offert, à la caresse de l’homme.
Ses mains qui glissent sur la nuque, martyrisent le dos en imposant un autre tempo, font naître des vagues qui déferlent des cuisses jusqu’aux chevilles sous leur pression puis qui jouent douceur et fermeté jusqu’au bout des pieds.
Le corps oint, pétri, détendu, abandonné reste inerte un moment.
Mais les mains expertes ont repris leur danse, le corps soudain réanimé, se tend.
Un cri de vie. Long trémolo. J’ouvre les yeux.
Etait-ce un songe?
Homme, c’était bien.

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