Quand le chat n’est pas là! lundi, Fév 28 2011 

« Waow, j’adore! » s’exclame une voix derrière moi. Je me retourne. Vestiaires après le cours de gym. Il n’y a plus qu’elle et moi. Elle réitère son compliment en s’approchant. « J’adore ton haut! » Bon, à cette minute là, mon haut en question est un bustier à carreaux gris et blanc, rehaussé d’une broderie blanche sur le haut des seins. Elle me regarde en souriant, passe son index sur la broderie et quitte la pièce.
Quelques heures plus tard, fin de pause dans les couloirs. Je caresse du regard le beau brun champion d’aviron face à moi, je gouterai bien à ses lèvres figue mûre. Soudain, une déferlante de filles s’approche, et parmi elles, mon admiratrice du matin qui pousse un cri en me voyant, me saisit par la main, m’entraîne dans les toilettes les plus proches suivies de son armada en déclarant à la ronde : venez, venez voir!
Je jette un coup d’oeil dépité au beau brun qui me sourit extatiquement, me semble-t-il, et suit la horde femelle sans résistance.
« Allez, allez, fais voir! » s’impatiente une grande brune. Alors, j’ai ouvert mon chemisier pour satisfaire leur curiosité
Des mains s’en saisissent, d’autres touchent le tissu. Un brouhaha s’ensuit. Un joyeux désordre, où chacune montre ses atours, se dénude. Vient l’heure des transgressions, des mains qui glissent sur la peau, sous le tissu. Petits cris étouffés. Chaleur. Pressions. Bousculade bruyante.
Puis chacune se rhabille, nous sortons en mêlée groupée et nous nous dispersons dans les couloirs.

Intime samedi, Oct 9 2010 

A une heure avancée de la nuit, mes insomnies m’ont réveillées. Je me lève, rajoute une buche dans la cheminée. Je reste là, assise par terre, tout proche du foyer. Je regarde les flammes danser. Cette vision me libère en même temps qu’elle m’échauffe. J’écoute le bruit du feu, le silence de la nuit m’oppresse. Je me lève lentement, j’allume la radio en sourdine. C’est l’heure des slows, et des chansons sexy, celle des présentateurs à la voix grave et caressante, celle où les gens raisonnables dorment paisiblement. J’observe les ombres qui dansent au plafond. Debout sur mon lit : je me fais face. L’immense glace sur la cheminée me renvoie mon image.
Au rythme de la musique, je me déshabille. Nue. Puis je descends du lit. J’attrape dans un tiroir quelques mantilles, j’en noue une sur mes seins, l’autre à ma taille. Je remonte sur le lit pour me voir. La dentelle noire sublime ma peau, la couvrant d’un voile impudique.
Ensuite, je vais décrocher du mur, une autre glace, plus petite. Je la cale contre le bord du lit, je m’allonge devant, la glace entre les genoux. Les flammes se reflètent dedans. Une main se glisse sous la mantille…

I wanna dance jeudi, Juil 15 2010 

Un soir d’été en terre étrangère. Une nuit d’été, quand le travail est terminé, je vais me coucher. Je rejoins sans enthousiasme la caravane sinistre au plancher troué qui me sert d’abri. Je me sens un peu SDF, la caravane ne ferme pas à clé, elle stationne depuis des lustres à côté d’une grange vide sur les murs de laquelle on peut lire « girls spread their legs over ». Ambiance! Je me sens seule car on ne m’adresse la parole que pour me donner des ordres. Je mange les restes que l’on daigne m’accorder : lorsqu’on m’appelle pour diner, c’est que les autres ont terminé. J’ai horriblement besoin d’évasion!
Alors ce soir, dans la caravane pourrie, au milieu de livres qui parlent de baise, j’ai allumé la télé, comme tous les soirs, machinalement. Mais ce soir, la télé m’a lâché, elle ne capte rien et moi, j’ai franchement pas envie de galérer, de me battre contre la technologie défaillante. Je balaie du regard mon environnement clos et tombe soudain sur une pepite : un vieux disque de Whitney Houston. Et bingo, à proximité : le tourne disque. Je mets en marche. « I wanna dance with somebody, yeah I wanna dance with somebody, with somebody who loves me ». J’aime. Je me repasse en boucle la chanson, j’en profite pour me deshabiller en rythme. Les vetements volent dans la caravane : je m’en fous, il fait nuit noire, je suis dans un coin reculé de la propriété, personne ne peut me voir, et d’abord, à cette heure-ci, ils doivent dormir.
Je suis en slip, toujours en train de me déhancher lorsque j’entends des pas sur les graviers. Un mélange de peur et de honte m’envahit. Illico presto, j’éteins musique et lumière, me précipite côté chambre, finis de me deshabiller et me glisse, nue, sous les draps. A plat ventre, la tête enfouie dans l’oreiller, faire semblant de dormir, avoir le souffle coupé et le coeur qui cogne tellement fort que le bourdonnement dans les oreilles m’empêchent de capter comme je le voudrais les bruits alentours. Ne pas entendre la porte qui se referme dans un claquement sec, ni les pas lourds qui se dirigent vers le lit, ni le froissement des vetements qu’on laisse tomber à terre. Ne pas sentir le drap qui se soulève, ni le frôlement de sa cuisse lorsqu’il m’enjambe pour se caler à quattre pattes au dessus de moi, ni la pression de ses jambes qui m’enserrent, ni son sexe dur sur mes fesses. Son mouvement rapproche sa bouche de mon oreille, son bassin m’écrase et me pousse vers l’avant, m’ouvrant les cuisses. Il s’inserre et constate satisfait « you were waiting for me ». Et nous avons dansé…

Jeux dimanche, Juin 27 2010 

Il me dit des mots doux. Et moi, je n’y crois pas! Il insiste, il m’assure qu’il n’attend rien que de me découvrir. Rien d’autre. Rien d’autre vraiment? Alors, je le mets au défi de résister, de ne vouloir vraiment rien d’autre que de me découvrir. Il accepte sans se douter que je vais la jouer premier degré, histoire de faire monter un peu la température.
Je passe en version officielle, prend rendez vous en bonne et due forme et débarque dans son bureau.
Il est d’abord étonné de ma visite, je lui en rapelle l’objet. Il cille un peu et attend la suite. Je pose mon sac et ma mallette sur une chaise. Je lui demande si je peux me mettre à l’aise, il répond bien sûr avce un sourire de convenance. Ayant obtenu son autorisation, je retire ma veste et me retrouve en soutien gorge. Je ne le quitte pas des yeux et savoure l’effet produit : son regard s’est brouillé. Je m’encquière : « çà va? Vous avez l’air retourné! Cen’est pas ce que vous vouliez, me découvrir? » Il saisit la perche que je lui tends et confirme avec empressement, révèlant par là même que ses objectifs n’étaient sans doute pas ceux affichés. J’hésite à le renvoyer dans ses buts mais décide de m’amuser encore un peu : homme, je vais te torturer. Je fais glisser dans un seul geste mon slip et ma jupe. Il fait un pas vers moi, s’y croyant invité. Un sourcil relevé en guise d’étonnement, la voix froide et assurée, je l’achève : vous ne vouliez que me découvrir, n’est-ce-pas? Vous n’aviez aucune autre intention?. Il acquièsce, penaud et s’immobilise.
Je reste là devant lui, nue, mes escarpins aux pieds pendant qu’il me détaille. Il fait un nouveau pas, je l’arrête : attends! Je me penche, saisit un papier blanc dans ma mallette, y griffonne quelques mots et me retourne, écriteau au nombril : fragile, ne pas toucher!
Le téléphone sonne, il s’assoit derrière son bureau et décroche en maugréant. Il me reluque toujours, je le sens avide. J’ai très envie de m’asseoir en face de lui, de déposer mes jambes sur les accoudoirs, et de me caresser ostensiblement. Ennervé, il me lance : vous pouvez disposer. Je n’insiste pas.

Ombre et lumière jeudi, Avr 29 2010 

Il m’avait laissé ce message, sur mon portable, à la dernière minute. Il ne voulait pas avoir à me parler, je devais entrer, faire ce pour quoi j’allais le voir et ressortir sur un signe de lui en prenant au passage mon dû, déposé par ses soins sur le guéridon de l’entrée.
Je frappais à la porte, il m’ouvrit en s’effaçant pour me laisser passage. Le couloir n’était pas allumé, seul le salon au fond l’était. J’y pénétrais. La pièce était grande, très sombre. Les meubles se distinguaient à peine sous leur housse marron, les murs étaient aussi ornés d’une tapisserie simple et marron, je crois. Seuls deux spots éclairaient le centre de la pièce : leurs faisceaux de lumière se croisaient sur une table et une chaise. Il ne me restait plus qu’à entrer en piste.
Il y avait un fauteuil à côté de la porte, mais il s’installa de l’autre côté, appuyé contre le mur, pour me regarder me dévêtir. Tout était silence que seuls les bruissements de mes vêtements venaient troubler. Je ne distinguais rien de lui qu’une silhouette sombre adossée au mur. Il ne faisait pas un geste. Je ne pouvais pas lire dans son regard ce qu’il attendait. Atmosphère pesante et aussi étrange que cela puisse paraitre très excitante.
J’ai gardé mes bas et mes escarpins, comme une protection contre ce que je ne pouvais deviner.
J’ai utilisé les deux objets à ma disposition pour me faire admirer sous toutes les coutures, et sans musique, c’est terriblement difficile de donner un rythme à sa présentation. J’ignorais si celle-ci lui faisait de l’effet.
Un moment, j’ai crû voir les rideaux bouger. La peur m’a envahit. J’ai eu du mal à poursuivre. Puis, tout à coup, la délivrance : il s’est avancé de quelques pas, juste à la limite du cercle de lumière. Il a continué à me reluquer, toujours immobile. Pas longtemps. Et il est allé ouvrir la porte.
Je me suis rhabillée très vite, ai attrapé les billets sur le guéridon et j’ai couru à ma voiture, sans me retourner.
J’ai allumé la radio à fond et démarré en trombe.
Quelques instants plus tard, j’ai reçu un SMS de lui : Merci, bravo. Reviens demain.
Que faire?

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