Régression lundi, Sep 19 2011 

Les enfants ont leur doudous, des trucs doux velours à tripoter, à se frotter le bout du nez contre pour s’endormir en respirant son odeur, une transition, un fil entre défaite et illusion. Et moi, j’aime me coucher à côté d’un large torse mâle, rassurant ou imposant, un torse velu à tripoter, à laisser les doigts s’entortiller dans les poils soyeux ou drus, des poignées d’amour à malaxer pour évacuer toute tension, et m’endormir avec une longue sucette en bouche…

Aux hommes qui sont plus que des Eros mardi, Fév 1 2011 

La frustration m’envahit, je sens la colère monter en moi, irrémédiablement. J’essaie de repenser à des choses plus agréables, je me concentre sur ces regards croisés à table, sur ce bel homme qui entre dans l’ascenseur avec moi, qui porte une bague au doigt et à qui je lance en quittant : « j’espère que des bras accueillants vous attendent », à son sourire d’alors, à l’envie que j’ai qu’il m’attrape par le bras et m’invite ailleurs.
Comme rien n’y fait, comme j’ai encore envie de tout foutre en l’air, de tout briser sur l’instant, quitte à le regretter demain, j’opte pour une autre solution. Je rappelle celui-là à qui j’avais dit « désolée, je ne joue pas à ces jeux-là! » et nous convenons d’un rendez vous.
Je le suis sur un petit chemin de terre, jusqu’à une vieille grange. Il pousse la porte en murmurant dans mon cou « ici, personne ne t’entendra crier ». Je frissonne, hésitante. Qu’est-ce que je fais là? Je regarde les chaines, les cordes, les fouets qui ornent les murs. Sur une pierre, des pinces, des outils que je ne connais pas. Dans la terre battue, je crois distinguer des tâches de sang séché.
Déshabille-toi. J’obtempère lentement. ll ne me regarde pas, j’ai l’impression d’être transparente, de devenir objet. J’ai peur à ce moment précis d’être en train de perdre une part d’humanité. Il revient vers moi, ne semble toujours pas prêter attention à ma nudité : je ne le trouble pas et çà me fait de nouveau enrager. Il pose un masque sur mes yeux et annonce : çà c’est pour t’empêcher de voir à quelle sauce tu vas être mangée, sinon, je le sais, tu vas renoncer de suite. Ses paroles me piquent au vif, je sens mon corps se raidir, mes poings se serrer. Il m’enserre ensuite les chevilles à l’aide d’une corde et tout en soutenant mon corps qui bascule, me pend la tête en bas. Au bout de quelques instants passés ainsi où l’afflux de sang me donne une sensation de lourdeur, j’entends et je sens le claquement du fouet sur ma peau. Je crie de surprise, d’abord. Il répète son geste, je sens mon sang s’échapper de ma peau lacérée. Peut-être d’autres cris ont suivi, mais il cesse son geste. D’un coup, mon corps s’élève plus haut ; il s’approche. Je suppose qu’il est debout à côté de moi, son visage près du mien. Il m’interroge : « pourquoi es-tu venue? » « Pour savoir » « Faux, répond-il! Ce n’est pas cela que tu cherches, tu es venue parce que tu es en colère! » Je ne dis rien, sachant qu’il a raison, je me mure dans un silence destiné à me protéger de mes faiblesses.
Alors, il murmure à mon oreille des mots tendres. Je me cabre. Ce n’est pas cela que je veux! Je veux oublier ma souffrance dans la douleur physique. Et lui, par ses mots la ravive. Ses mains glissent sur mon corps avec une infinie douceur. Ma carapace, mon silence masquent d’abord toute réaction de ma part. Mais il poursuit, inlassablement. Ces mots me touchent, aussi sûrement que l’aiguille plantée dans mes veines. « Arrêtes, s’il te plaît », ma demande est douce d’abord, mais il n’écoute pas. Je gronde « assez, j’en ai assez! ». Il poursuit. Je sens la colère sourdre en moi, la tempête interne est prête à se déchaîner. Il continue à me parler et à me caresser, toujours sur un ton égal, pendant que je l’insulte. Mon corps dans le même temps reprend sa verticalité normale. Il ne se tait pas pour autant, ses caresses sont toujours aussi délicates sur ma peau. Il se place derrière moi, défait les liens à mes chevilles sans cesser son monologue, et tandis qu’il me tient les bras croisés dans le dos pour empêcher tout geste rebelle, je l’entends me parler d’un avenir rose en sucre, dans l’univers de tous les possibles. La réalité est si différente, parfois. Et la colère et la douleur se mêlent à l’instant comme mes larmes épousent mon sang.
Il sent qu’enfin mon corps va se délivrer de la violence de ses émotions, et me lâche. Je vacille, épuisée de cette lutte contre moi-même, tombe à genoux, me rattrape.
Un râle s’échappe de ma bouche, grandit, devient hurlement. Il dit encore : vas-y, ici, personne ne t’entend.
Au bout de quelques minutes, je m’essouffle, le bruit s’estompe, alors il me relève, me serre contre lui, m’embrasse. Dans ses bras, je récupère lentement ; il me traite comme s’il venait de m’offrir une merveilleuse jouissance et sans doute la force des ressentis est-elle similaire.
Et, plus tard, lorsque je remonte dans ma voiture, je lui murmure en rêve : merci, Amour, d’être là, malgré tout, malgré moi, pour ta constance et ta compréhension. Je voudrais me pincer, me dire que je ne rêve pas, me dire qu’il est bien réel…

Pré-sélection mercredi, Jan 12 2011 

Je suis en passe de devenir la reine du râteau et j’aurai pu intituler de billet « comment évincer un prétendant de façon élégante ».
Imaginez qu’un homme, relativement séduisant, vous lance à l’occasion quelques œillades équivoques, accompagnées d’un large sourire (ben oui, quoi, çà existe encore des hommes qui savent vous faire comprendre, sans être déplaisant, qu’ils ont une petite fringale!). Bon, soyons clair : des sourires, çà ne se refuse pas, jamais! Donc je les rend, toujours. Mais le problème c’est qu’en agissant ainsi, forcément, nécessairement, j’entretiens ledit galant dans ses espoirs de devenir un jour mon Eros.
De fait, il profite de la nouvelle année pour m’adresser un message plus personnel. Que faire? Je ne tiens pas spécialement à le bannir définitivement de ma liste des « bons coups potentiels ». Qu’à cela ne tienne! Je lui ai répondu poliment en étendant mes voeux à sa famille, dont je ne sais rien. Une façon de lui faire comprendre que mes faveurs ne lui étaient pas acquises avec certitude. La seule chose qu’on ne maitrise pas alors, c’est la durée pendant laquelle on va pouvoir le faire ainsi patienter.

Si je vous disais que le lendemain fut aussi une excellente journée? vendredi, Sep 10 2010 

En partant travailler, je croise un voisin que l’été avait éloigné. Nous sommes tous deux pressés, il me salue rapidement : il y a longtemps qu’on ne s’étaient vus mais vous êtes toujours aussi ravissante!
Je souris en pensant à mon horoscope, entendu ce matin à la radio. Mon oreille distraite s’est pourtant intéressée à la promesse du jour : une rencontre pourrait vous troubler…
Ce voisin serait-il mon Eros aujourd’hui? me demandai-je en montant en voiture. La question fit naitre un sourire radieux sur mes lèvres.
Au bureau, j’ouvre mes mails. Une surprise m’y attend. Un nouvel Eros à l’horizon? Je ne sais. Peut-être! Je souris encore en pensant à cet horoscope mais n’ose provoquer l’homme qui m’écrit : ö Eros, peut-être en rêve ai-je déjà gouté votre peau… Il me semblait que vous aviez défait le foulard que je portais au cou, vous le rouliez avant de m’en faire de douces menottes puis de m’attirer sur vos chemins en disant « Viens! »
Fin de journée, regard croisé avec celui-là aux yeux verts bruns qui se penche à ma porte et me dit « à demain », sur un ton plus suave que d’habitude…

Concevoir un site comme celui-ci avec WordPress.com
Commencer