Faire le mur mardi, Oct 11 2011 

Il y a aux abords de la forêt où j’aime me promener un petit parapet. De loin, je distingue sa silhouette. L’homme d’âge mûr se repose sans doute de sa promenade. Etendu sur les pierres, en plein soleil printannier, il semble dormir. Ce qui frappe dans sa posture, ce sont ses jambes repliées. Tout autre que lui aurait une jambe tendue et l’autre pliée pour se donner un air plus détendu. Est-ce une posture de yoga ou travaille-t-il ainsi ses abdos? Je m’approche à pas velours pour mieux le détailler.
Ses lunettes noires lui donnent l’apparence d’un pilote de chasse. Je l’imagine en train de répéter mentalement ses prochains looping pour la parade du 14 juillet et je me demande si en actionnant sa manette de gaz, il en sortira une traînée bleue, blanche ou rouge.
Crac. Une brindille sous mes pieds. Il ne sursaute pas mais tiré de sa torpeur me regarde m’avancer en souriant.
Hardi petit, je vais bientôt avoir la réponse à ma question. Je me suis installée sur lui, à califourchon. J’ai un peu tatonné au démarrage mais très vite, sur ses indications, j’ai manié le manche comme il fallait : il a franchi le mur du son!

Safe sex jeudi, Oct 28 2010 

Le virtuel, c’est safe! Pas besoin à l’instant X de se préoccuper d’avoir sous la main le matériel nécessaire, pas de panique à l’idée que celui-là a décidément l’air bien mal emmanché (je sais, s’encapuchonner demande un tantinet d’entrainement mais puisque le commun des mortels se branle devant un film porno, autant en profiter pour joindre l’utile à l’agréable avant le grand jour!)
Le virtuel, c’est facile : dans toutes les positions, on ose les contorsions. Aucun risque de rester coincé, d’avoir mal aux fesses après une bonne raclée, ni de crampe au poignet (ou ailleurs). Et en plus, là, çà peut durer des heures!.Tiens, j’avais même imaginé une petite séance que j’intitulerai « domination esthétique » ou l’art de s’empaler tout doucement en faisant le grand écart sur ton sexe dressé, les mains posées sur ta poitrine pour garder l’équilibre (en plus, tu as vu, je suis légère comme une plume!) Oui, mais dans la réalité, je ne suis pas un petit rat de l’Opéra, alors, oublie çà! (Si, si, tout de suite, tu oublies!)
Tu vois, le virtuel c’est à la fois propre et fun, rien qui dégouline ou qui déborde (enfin, si peu!)
Oui, mais voilà, malgré tout, çà manque de sel. On a beau avoir toute facilité pour dire des mots épicés, moi, ce que je veux, c’est mordre dans ta chair. Il parait que je suis… carnassière!

Quand on ferme nos yeux mardi, Sep 28 2010 

18 heures. Je m’apprête à éteindre l’ordinateur et fermer le bureau. Il faut aussi que je passe chez le teinturier récupérer mon manteau. A ce moment là, le boss entre en coup de vent. « Où est la comptable? » Ne la voyant pas (elle est partie, il y a plus d’une heure), il fait demi-tour « Putain, ces bonnes femmes alors! ». Puis, au moment de sortir, il s’arrête, me regarde et dit sèchement « venez dans mon bureau! ». Je le suis. « asseyez vous ». Je regarde les deux chaises qui s’offrent à moi : sur l’une, il y a une pile de papiers, sur l’autre une chemise à lui (il a dû se changer en cours d’après-midi, je suppose). Je prends la chemise, la soulève du bout des doigts pour la déposer sur la pile de papiers. Sentir sa chemise, c’est un peu comme si je touchais sa peau. « Qu’est ce que çà fait là, çà? » La question me fait sourire, mais je n’avance aucune hypothèse. Un peu déstabilisé, il a perdu sa hargne. Je m’assois, il m’explique : le Président a avancé son rendez vous, il débarque demain. Il s’arrête, agacé : en m’asseyant, j’ai presque disparu derrière la pile de papier qui envahit son bureau. « Allons, dans le petit salon de réception ». On se lève, il m’ouvre la pièce, on pose nos affaires sur une petite table ronde. il se rend compte qu’il a oublié quelque chose et repart à grandes enjambées en geulant « c’est pas possible! ». Mentalement, je dis adieu au teinturier.
Il revient, s’installe, se relève aussi vite et demande d’une vois devenue soudain douce, presque inaudible « vous voulez un café, miss? » Volontiers.
Enfin, on attaque la présentation des résultats. Le travail avance bien un certain temps. Puis la nuit a envahit le ciel qu’on aperçoit par les grandes baies vitrées, la fatigue se fait sentir. L’attention et les tensions se relâchent. Il parle de l’Histoire, sous la table, les genoux s’entrechoquent, sur la table nos mains se frôlent presque inconsciemment. Petit moment de silence, regard interrogateur. On reprend, comme si nous refusions de nous laisser distraire. Mais maintenant, il est presque 21 h, j’ai faim. J’ai froid aussi, le chauffage n’a pas encore été allumé. Je grelotte. Il se lève sans prévenir, s’éloigne et disparait derrière la porte à double battant. J’écoute le silence pesant du grand bâtiment.
Il revient. J’ai fait livrer des plats chauds, annonce-t-il et je vous prête ma veste. Je me lève, il la dépose sur mes épaules mais ses mains poursuivent le mouvement, glissent sur mes bras, m’enveloppent. On reste un instant comme çà, comme dans une acceptation mutuelle de ce muet désir qui monte, n’osant le rompre pour ne pas briser le charme. Je tourne la tête vers lui, il m’oblige à lui faire face, me guide jusqu’à la banquette derrière nous, m’y assois, s’agenouille devant moi, il s’accoude à mes cuisses, écarte un peu le string et brusquement sa langue plonge en moi. Je le laisse faire un moment, mais ce n’est pas de sa langue dont j’ai envie. Je le saisis par son nœud de cravate, le fait remonter vers moi, son buste contre le mien. Sa main prestement glisse entre nos corps, ouvre son pantalon. La pénétration est douce, je ferme les yeux le temps qu’il monte en moi…
Plus tard, on se rhabille. Le livreur fait son entrée. On replonge dans les chiffres, un peu fracassés…

Fantasme lundi, Juin 7 2010 

Ambiance chaude, douce, humide, comme un printemps ensoleillé, sous des latitudes raisonnables. Non, non, un sauna peut-être. Trop petit.
Un corps luit au milieu de la pièce sobre. Un corps immobile allongé sur un lit ou une table, je ne sais. Je ne perçois pas si c’est rigide et froid ou doux et enveloppant.
L’envoutante musique d’Era raisonne.
Un corps nu, offert, à la caresse de l’homme.
Ses mains qui glissent sur la nuque, martyrisent le dos en imposant un autre tempo, font naître des vagues qui déferlent des cuisses jusqu’aux chevilles sous leur pression puis qui jouent douceur et fermeté jusqu’au bout des pieds.
Le corps oint, pétri, détendu, abandonné reste inerte un moment.
Mais les mains expertes ont repris leur danse, le corps soudain réanimé, se tend.
Un cri de vie. Long trémolo. J’ouvre les yeux.
Etait-ce un songe?
Homme, c’était bien.

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