Sous le soleil, j’ai brûlé ma peau. Elle a pris une jolie coloration mordorée.
On sonne. Je quitte le transat où je m’étais installée, tranquille à bouquiner une énième édition d’un livre sulfureux que je dépose à l’envers, ostensiblement ouvert à la place libre que je viens de laisser.
Il est 9h00 du matin. Certainement mon voisin, invité au motif fallacieux, de préparer une petite soirée de quartier.
Je lui ouvre. Pas rasé, cheveux mouillés, il sort visiblement de la douche et fleure bon le mâle. Sa chemisette kaki ouverte jusqu’à mi torse pend sur un bermuda rose pâle. Il me regarde et semble surpris : je ne porte qu’une courte tunique en maille ajourée qui ne cache pour ainsi dire rien de mes formes. Mais ses fenêtres donnant sur mon jardin, il a du certainement plus d’une fois me voir dans des tenues moins habillées encore. J e me hisse sur la pointe des pieds pour l’embrasser, pressant au passage un peu mes seins sur son torse. Dans le même temps, il saisit mes mains qui s’aventurent, possessives, sur ses cuisses, et les retient. Il plonge son regard dans le mien : il semble dubitatif. L’instant est critique : il peut encore s’envoler!
Je joue les innocentes, garde ses mains dans les miennes et l’entraîne vers le salon de jardin. Je l’invite à s’asseoir. Ses yeux se posent sur la couverture osée du livre abandonné là à dessein, mais il ne dit rien. Il choisit une chaise, un peu plus loin, devant la petite table qui porte les verres et la carafe de jus d’orange, sains rafraichissements. Je lui fais face.
Notre discussion est d’abord bon enfant. Sous la table, je balance nonchalamment mes pieds nus. Il sursaute au premier contact. D’un air sérieux, je m’excuse. Je laisse passer quelques minutes, puis recommence mon manège. A nouveau, son regard se fait interrogateur. Je rigole comme une enfant prise en flagrant délit, tout en murmurant un « je suis désolée » des moins convaincants. D’ailleurs, convaincu, il ne l’est pas. Mais son visage a changé d’expression. Il se demande sans doute si je le cherche ou pas.
Notre conversation reprend son cours, anodine, jusqu’à ce que délibérément, lentement, je fasse glisser mon pied sur sa jambe. il se tait alors, et me laisse faire. Je remonte ainsi un peu, puis redescend. Je répète plusieurs fois le même mouvement comme pour prendre mon envol et mon pied finit sa course sur l’entrejambe de mon vis-à-vis qui était resté immobile. Il saisit alors mon pied dans ses mains m’empêchant de bouger. Et sa main effectue sur ma jambe des caresses similaires à celles qu’il vient de recevoir. Parvenu en haut de mes cuisses, il tire brusquement sur la jambe qu’il tient. Déséquilibrée, j’ai glissé sur ma chaise lui livrant du même coup, passage.
Sous le soleil lundi, Mar 14 2011
Uncategorized lecture, main, provocation 22:19
Aux armes, chevalier! mardi, Fév 22 2011
Uncategorized corps, lecture 22:04
Il est assis, nu, sur la chaise. Nonchalant, la tête penchée reposant sur son avant bras gauche et la jambe droite repliée s’appuyant sur l’autre genou.
J’ai frôlé son genou droit, puis ma main gantée a poursuivi son chemin sur sa cuisse, son torse, en même temps que je faisais le tour du siège.
Je reviens devant lui, mais lui tourne le dos. J’attrape sous la jupe courte et plissée mon string, que je fais glisser lelong de mes jambes tendues. Puis, je m’assois sur lui, à califourchon. Sa virilité est bien réveillée : je glisse l’épée dans son fourreau…
La suite de l’histoire? Relisez vos classiques!
I wanna dance jeudi, Juil 15 2010
rétroviseur baiser, corps, effeuillage, lecture, lingerie 22:55
Un soir d’été en terre étrangère. Une nuit d’été, quand le travail est terminé, je vais me coucher. Je rejoins sans enthousiasme la caravane sinistre au plancher troué qui me sert d’abri. Je me sens un peu SDF, la caravane ne ferme pas à clé, elle stationne depuis des lustres à côté d’une grange vide sur les murs de laquelle on peut lire « girls spread their legs over ». Ambiance! Je me sens seule car on ne m’adresse la parole que pour me donner des ordres. Je mange les restes que l’on daigne m’accorder : lorsqu’on m’appelle pour diner, c’est que les autres ont terminé. J’ai horriblement besoin d’évasion!
Alors ce soir, dans la caravane pourrie, au milieu de livres qui parlent de baise, j’ai allumé la télé, comme tous les soirs, machinalement. Mais ce soir, la télé m’a lâché, elle ne capte rien et moi, j’ai franchement pas envie de galérer, de me battre contre la technologie défaillante. Je balaie du regard mon environnement clos et tombe soudain sur une pepite : un vieux disque de Whitney Houston. Et bingo, à proximité : le tourne disque. Je mets en marche. « I wanna dance with somebody, yeah I wanna dance with somebody, with somebody who loves me ». J’aime. Je me repasse en boucle la chanson, j’en profite pour me deshabiller en rythme. Les vetements volent dans la caravane : je m’en fous, il fait nuit noire, je suis dans un coin reculé de la propriété, personne ne peut me voir, et d’abord, à cette heure-ci, ils doivent dormir.
Je suis en slip, toujours en train de me déhancher lorsque j’entends des pas sur les graviers. Un mélange de peur et de honte m’envahit. Illico presto, j’éteins musique et lumière, me précipite côté chambre, finis de me deshabiller et me glisse, nue, sous les draps. A plat ventre, la tête enfouie dans l’oreiller, faire semblant de dormir, avoir le souffle coupé et le coeur qui cogne tellement fort que le bourdonnement dans les oreilles m’empêchent de capter comme je le voudrais les bruits alentours. Ne pas entendre la porte qui se referme dans un claquement sec, ni les pas lourds qui se dirigent vers le lit, ni le froissement des vetements qu’on laisse tomber à terre. Ne pas sentir le drap qui se soulève, ni le frôlement de sa cuisse lorsqu’il m’enjambe pour se caler à quattre pattes au dessus de moi, ni la pression de ses jambes qui m’enserrent, ni son sexe dur sur mes fesses. Son mouvement rapproche sa bouche de mon oreille, son bassin m’écrase et me pousse vers l’avant, m’ouvrant les cuisses. Il s’inserre et constate satisfait « you were waiting for me ». Et nous avons dansé…
Lecture à Aphrodite mardi, Mai 4 2010
érotisme lecture, plaisir lesbien 22:06
Aphrodite et moi c’est une vieille histoire
Des nuits et des jours à faire l’amour
Puis un retour lent à la réalité
A force un souvenir presque effacé
D’heures tumultueuses
Et l’impression qu’on sait tout de l’autre,
Tant du moins, qu’elle ne peut plus nous surprendre.
Et puis, soudain, la voilà qui réapparait :
Aphrodite s’invite à ma fête
Et après le banquet, reste!
Nous nous sommes installées, comme un vieux couple, chacune se réservant un accoudoir du canapé. Nous nous faisions face. Nous étions là ensemble, sans prêter attention vraiment l’une à l’autre, plongée dans un bouquin. Nous partagions un plaid écossais, dans la cheminée, les flammes dansaient. Il était tard, la torpeur nous gagnait. Parfois, nous échangions à haute voix sur un passage qui nous plaisait. Elle lisait un roman « petit chat », je crois. Cela parlait des amours d’un crocodile, d’une tortue et d’un écureuil, il me semble. Moi, je relisais avec attention les débuts d’un roman fleuve reçu par mail il y a peu. Toute à notre lecture, nous nous abandonnions doucement. Nos corps d’abord se déplièrent, nos jambes s’emmelèrent. Tout en lisant, sans se regarder, sans se parler, nous nous sommes lentement dévêtues sous la couverture. Nos sexes s’embrassèrent, s’imbriquèrent et nos mots racontaient tout autre chose : la vie, la mort, la puissance, le rêve… Haletante, elle déclamait encore : petit chat? mais où est donc petit chat?
Merci Amour d’être venue.
