Philosophie de boudoir dimanche, Juil 10 2011 

En tête à tête avec moi, la rousse Gaelle ressurgit d’autrefois. Perdues de vue, retrouvées autour d’une tasse de thé. Échanges habituels : “tu vas bien? ton job?”. Puis la conversation dévie longuement sur les enfants, leurs dernières bêtises, leurs bons mots, les petits moments de tendresse quand ils trouvent que leur maman est une Princesse… On passe aux poissons rouges et autres animaux dont on s’entoure pour oublier le vide de nos vies. Le papa fait aussi l’objet de discussion, s’il est encore là ; mais jamais on évoque ouvertement nos couples respectifs. Sujet trop intime peut-être, pourtant, on se confiait tout à l’époque. Par fierté peut-être ou par un postulat essentiel : çà ne peut qu’aller, tout nous réussi, nous sommes forcément des “winners”. Pourtant, je devine, dans ses yeux verts, la lassitude ou l’habitude.
On se promet que la prochaine fois on se verra avec toute la smala. Ce qu’on ne se dit pas, c’est qu’ainsi on se jaugera :est-elle vraiment meilleure que moi? La bonne éducation des enfants, la solidité du couple seront les indices de réussite. Mais nous reverrons nous, c’est peu probable.
Je trempe un boudoir dans mon thé, il est l’heure de se quitter.
Sourires tristes qui se croisent, quand penchée à sa portière pour un dernier au revoir, en démarrant la voiture, le haut-parleur nous fait entendre “fatiguée d’attendre”. Nostalgie de nos années à nous, à nous deux, peuplées de désirs masculins, mais où nous tenions par la main … en cachette.

Leitmotiv mardi, Jan 25 2011 

C’est doux, c’est chaud
Ses doigts, son sexe
En moi vont et viennent
Dans la chambre d’en face, sa femme dort-elle ou l’attend-elle?
Je serre les dents, plaisir muet pour ne pas attirer ses soupçons
Si toutefois, elle ne l’a pas entendu ouvrir la porte de ma chambre

C’est doux, c’est chaud
Ses doigts, son sexe
En moi vont et viennent
Songe-t-il à elle lorsqu’il s’installe sur moi?
Pourquoi moi? Combien d’autres?
Pareilles ou différentes?

C’est doux, c’est chaud
Leurs doigts, leurs sexes
En moi vont et viennent
Les mêmes questions à chaque fois reviennent
M’ont-ils aimée ou juste désirée
Ces questions, se les ont-ils posées?

C’est doux, c’est chaud
Leurs doigts, leurs sexes
En moi vont et viennent
Les mêmes histoires qui se répètent à l’infini
Ne plus réflechir pour pouvoir jouir
Oublier la souffrance qui naît de ces questions dans la jouissance
Mais finir seule, dégoulinante, écartelée, décervelée.

C’est doux, c’est chaud
Tes doigts, ton sexe
En moi vont et viennent
C’est bon et j’aime.
(Et l’Autre?)

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