Je guette ses pas dans le couloir. Installée dans son bureau, j’écris en l’attendant. J’écris parce que cela fait presque deux heures que je poireaute là, à attendre qu’il ait enfin réglé ses affaires, et parce que j’ai fini par perdre patience. La fenêtre est ouverte. Dehors, les mouettes crient.
Soudain, sa voix résonne, il salue un des derniers collaborateurs encore présent. Distraite, j’ai lâché mon papier qui s’envole à cause du courant d’air lorsqu’il ouvre la porte. D’un bond, je me lève et me penche par dessus le bureau pour rattraper mon bien. Il murmure : voilà une position bien intéressante!
Alors, je m’immobilise. Il s’approche. Sa main caresse mes cheveux, glisse sur mon cou qu’il enserre un peu puis le long de mon dos lentement, passe sur le rebond de mes fesses, descend le long de la cuisse puis remonte à l’intérieur sous la jupe, frôle le sillon de mon intimité.
A ce moment là, son portable sonne. Brusquement, il me laisse pour répondre. Il s’éloigne un peu mais quelques mots frappent mon oreille : à tout de suite, Chérie. Précipitamment, il raccroche, me tend ma veste, me pousse dans le couloir vers la sortie de secours en m’expliquant : ma femme arrive, file par ici. Et alors que la porte se referme sur moi, je l’entends s’écrier sur un ton enjoué : mais quelle surprise!
A tâtons, je cherche l’interrupteur pour éclairer les escaliers. Il est difficile parfois d’être l’autre…
Et ta dame… mercredi, Avr 6 2011
Uncategorized caresse, main, refus 20:46
Pré-sélection mercredi, Jan 12 2011
Uncategorized Eros, refus, travail 20:33
Je suis en passe de devenir la reine du râteau et j’aurai pu intituler de billet « comment évincer un prétendant de façon élégante ».
Imaginez qu’un homme, relativement séduisant, vous lance à l’occasion quelques œillades équivoques, accompagnées d’un large sourire (ben oui, quoi, çà existe encore des hommes qui savent vous faire comprendre, sans être déplaisant, qu’ils ont une petite fringale!). Bon, soyons clair : des sourires, çà ne se refuse pas, jamais! Donc je les rend, toujours. Mais le problème c’est qu’en agissant ainsi, forcément, nécessairement, j’entretiens ledit galant dans ses espoirs de devenir un jour mon Eros.
De fait, il profite de la nouvelle année pour m’adresser un message plus personnel. Que faire? Je ne tiens pas spécialement à le bannir définitivement de ma liste des « bons coups potentiels ». Qu’à cela ne tienne! Je lui ai répondu poliment en étendant mes voeux à sa famille, dont je ne sais rien. Une façon de lui faire comprendre que mes faveurs ne lui étaient pas acquises avec certitude. La seule chose qu’on ne maitrise pas alors, c’est la durée pendant laquelle on va pouvoir le faire ainsi patienter.
Objet de vos plaisirs mardi, Oct 5 2010
Uncategorized corps, refus 20:39
On s’est mangé des yeux pendant le repas, on a à peine parlé. On s’éclipse déjà, besoin d’être seuls pour se connaitre. Promenade au clair de lune, romantique à souhait. Mais déjà tu m’allonges sur la pelouse, je te dis non, je te repousse, çà va trop vite, je serre les cuisses. Tu ne m’entends pas.
Là, dans la grange au milieu de nulle part, tu tonds les moutons, je roule la laine. Tu t’arrêtes et lances Okay? Je trouve la pause bienvenue. Tu enjambes la barrière et je comprends, trop tard pour s’enfuir, trop vain de crier. Je recule, tu m’attrapes par le bras, je proteste mais tu n’écoutes pas. Tu ôtes mon pantalon : je suis à toi.
Je sens que tu louvoies, fais mine de t’égarer, mais ce que tu veux c’est ne pas passer par le jardin, tu te pointes à l’arrière. Oui mais voilà, j’ai mal. Je crie mais çà ne t’arrêtes pas. Tout ce qui compte alors, c’est ton plaisir, moi je n’en suis que l’objet…
Aimer se renier? mardi, Sep 21 2010
Uncategorized jeux coquins, plaisir lesbien, refus 20:18
Creux au ventre
Peur
Ventre en creux
Désir
Mélangés
Frissons
Gène
Suées glacées
Espoirs
Encore mêlés
Pâleur extrême
Souffrance
Zébrures décoratives
Violence
Toujours mêlés
Elle me raconte ses attentes, ses maux d’amour
Je la regarde sans comprendre
« Mieux vaut se pendre »
Je pose le fouet qu’elle avait apporté
Adieu la belle, je ne peux rien pour toi
La vipère mardi, Juin 1 2010
rétroviseur desir, refus 22:14
Elle fait partie de ma vie. Elle a la langue fourchue, dit des insanités sur un ton bon enfant, prétexte que c’est de l’humour si je m’élève contre ses sornettes. Elle veut me faire avaler des couleuvres : elle prétend m’aimer! Mais pour moi, on ne peut aimer sans respect. Et elle ne me respecte pas : çà je le sens. Et, en tout cas, moi, je ne la respecte pas. Elle, dont le cerveau s’abrutit à force de croire que ses feuilletons-télé sont plus vrais que nature, au point de présumer que toutes les femmes, sauf elle, évidement, sont des salopes. Elle qui m’assène cette vérité en me regardant droit dans les yeux alors qu’elle ne connait rien à ma vie, car dès qu’elle veut forcer mon intimité, j’enfile ma ceinture de chasteté : tout est verrouillé, sous contrôle!
Mais voilà, dès qu’elle est là, elle envahit mon espace, aspire mon air, ses yeux m’hypnotisent. Soudain, elle mord, sans que j’arrive à esquiver le coup. Son méchant venin se répand en moi. A mon tour, je me mets à persifler.
Je ne m’aime pas lorsque je suis comme çà. Vite, je cours m’enfermer, faire des ponctions, des saignées, me délivrer du poison.
Finalement, je reviens pour des amours plus douces.
