Il y a aux abords de la forêt où j’aime me promener un petit parapet. De loin, je distingue sa silhouette. L’homme d’âge mûr se repose sans doute de sa promenade. Etendu sur les pierres, en plein soleil printannier, il semble dormir. Ce qui frappe dans sa posture, ce sont ses jambes repliées. Tout autre que lui aurait une jambe tendue et l’autre pliée pour se donner un air plus détendu. Est-ce une posture de yoga ou travaille-t-il ainsi ses abdos? Je m’approche à pas velours pour mieux le détailler.
Ses lunettes noires lui donnent l’apparence d’un pilote de chasse. Je l’imagine en train de répéter mentalement ses prochains looping pour la parade du 14 juillet et je me demande si en actionnant sa manette de gaz, il en sortira une traînée bleue, blanche ou rouge.
Crac. Une brindille sous mes pieds. Il ne sursaute pas mais tiré de sa torpeur me regarde m’avancer en souriant.
Hardi petit, je vais bientôt avoir la réponse à ma question. Je me suis installée sur lui, à califourchon. J’ai un peu tatonné au démarrage mais très vite, sur ses indications, j’ai manié le manche comme il fallait : il a franchi le mur du son!
Faire le mur mardi, Oct 11 2011
rétroviseur corps, fantasme, regard, rencontre 21:37
Philosophie de boudoir dimanche, Juil 10 2011
rétroviseur and tendresse desir, main, plaisir lesbien, questionnement, regard, rencontre 22:08
En tête à tête avec moi, la rousse Gaelle ressurgit d’autrefois. Perdues de vue, retrouvées autour d’une tasse de thé. Échanges habituels : “tu vas bien? ton job?”. Puis la conversation dévie longuement sur les enfants, leurs dernières bêtises, leurs bons mots, les petits moments de tendresse quand ils trouvent que leur maman est une Princesse… On passe aux poissons rouges et autres animaux dont on s’entoure pour oublier le vide de nos vies. Le papa fait aussi l’objet de discussion, s’il est encore là ; mais jamais on évoque ouvertement nos couples respectifs. Sujet trop intime peut-être, pourtant, on se confiait tout à l’époque. Par fierté peut-être ou par un postulat essentiel : çà ne peut qu’aller, tout nous réussi, nous sommes forcément des “winners”. Pourtant, je devine, dans ses yeux verts, la lassitude ou l’habitude.
On se promet que la prochaine fois on se verra avec toute la smala. Ce qu’on ne se dit pas, c’est qu’ainsi on se jaugera :est-elle vraiment meilleure que moi? La bonne éducation des enfants, la solidité du couple seront les indices de réussite. Mais nous reverrons nous, c’est peu probable.
Je trempe un boudoir dans mon thé, il est l’heure de se quitter.
Sourires tristes qui se croisent, quand penchée à sa portière pour un dernier au revoir, en démarrant la voiture, le haut-parleur nous fait entendre “fatiguée d’attendre”. Nostalgie de nos années à nous, à nous deux, peuplées de désirs masculins, mais où nous tenions par la main … en cachette.
Le nouvel homme mardi, Juin 28 2011
tendresse baiser, caresse, corps, desir, main, regard 21:19
Il est entré dans ma vie par un beau soir d’été, vision idyllique de cet homme nu sur lequel je suis la première à poser les mains. Bien sûr, j’ai saigné pour l’avoir, mais de le sentir passer entre mes cuisses, quelle récompense! La chaleur de sa peau ensuite, lorsqu’il s’endort contre moi, qui me donne des envies de nouveaux corps à corps. Le désir qui renaît dès que ses lèvres effleurent mes seins…
Il est l’un des seuls hommes qui peut mettre en oeuvre, sans que je m’en offusque, les pratiques les plus sales.
Bref, une nouvelle peau à caresser, de beaux yeux à découvrir, mille baisers à partager.
Oui, mais ces caresses et ses baisers resteront éternellement chastes, puisque c’est de mon fils, dont il s’agit ici!
Se consumer mardi, Mar 15 2011
désir caresse, desir, regard 22:01
Je sens ses yeux perçants se poser sur moi. Il me deshabille. Un regard glisse sur mes épaules et les bretelles de ma petite robe rouge lâchent d’un coup. Elle tombe à terre dans un bruissement doux de tissu. J’ai froid. Il ne me quitte pas des yeux. J’en tremble encore plus d’autant que sous la robe je ne portais qu’un slip. Le frisson qui me parcourt fait s’ériger de désir la pointe de mes seins désormais offerts à sa vue. D’un oeil distrait il caresse mes hanches, puis sa vision s’arrête sur mon slip qui s’embrase instantanément. Je suis nue devant lui et n’espère plus qu’un geste de sa part pour me sortir de l’embarras où je suis…
Comment ballader un homme? jeudi, Jan 13 2011
Uncategorized provocation, regard 21:17
(Vous remarquerez que je reste dans le ton. Je vais finir par m’inventer des semaines à thèmes. Après mure réflexion, non : trop contraignant!)
Lui lancer son sourire le plus charmeur
Et quand il s’approche, faire l’étonnée : mais non, je rêvais!
Rougir avec adresse
Et s’il se sent victorieux, s’enfuir à tire d’aile
Remonter ostensiblement le bas auto-fixant en le regardant dans les yeux
Et s’offusquer vivement lorsqu’il tend la main : « Monsieur, je ne vous permets point! »
Clamer haut et fort qu’on ne veut rien d’autre que son amour infini
Mais recourir au chantage affectif pour se faire offrir tout, ou presque
(Si certaines ont quelque pitié ou sont prises de remords
Elles peuvent toutefois être raisonnables et limiter leurs vœux
Au budget autorisé par la Mastercard de ces messieurs!)
Intime samedi, Oct 9 2010
Uncategorized érotisme, corps, desir, effeuillage, masturbation, regard 21:46
A une heure avancée de la nuit, mes insomnies m’ont réveillées. Je me lève, rajoute une buche dans la cheminée. Je reste là, assise par terre, tout proche du foyer. Je regarde les flammes danser. Cette vision me libère en même temps qu’elle m’échauffe. J’écoute le bruit du feu, le silence de la nuit m’oppresse. Je me lève lentement, j’allume la radio en sourdine. C’est l’heure des slows, et des chansons sexy, celle des présentateurs à la voix grave et caressante, celle où les gens raisonnables dorment paisiblement. J’observe les ombres qui dansent au plafond. Debout sur mon lit : je me fais face. L’immense glace sur la cheminée me renvoie mon image.
Au rythme de la musique, je me déshabille. Nue. Puis je descends du lit. J’attrape dans un tiroir quelques mantilles, j’en noue une sur mes seins, l’autre à ma taille. Je remonte sur le lit pour me voir. La dentelle noire sublime ma peau, la couvrant d’un voile impudique.
Ensuite, je vais décrocher du mur, une autre glace, plus petite. Je la cale contre le bord du lit, je m’allonge devant, la glace entre les genoux. Les flammes se reflètent dedans. Une main se glisse sous la mantille…
Score jeudi, Sep 16 2010
Uncategorized jeux coquins, regard, rencontre, séduction, travail 21:51
Aujourd’hui, allez savoir pourquoi, je me suis mise à scorer. Il faut dire qu’en sortant de chez moi, je croise toujours ce voisin révérencieux : mais là, en une minute, j’ai droit à un « ravissante jeune fille, je vais toujours bien quand je vous croise, vous êtes mon soleil ». il fait chaud, il fait beau, et je vais être en retard. J’esquive, sourire aux lèvres et je fixe la règle : regard appuyé – 1 point
sourire ravi – 2 points
compliment – 3 points
+ si affinités – 4 points
J’arrive au boulot, je monte les marches, regard. Bises à l’un, lueur malicieuse, bise à l’autre qui me toise de la tête aux pieds (tiens, il me calcule, lui, aujourdh’ui?) (les bises, çà compte pas, c’est comme d’habitude). Les filles s’y mettent aussi. Quel délicieux supplice! Fin de journée, je quitte. Un des hommes de la société d’entretien m’aborde pour la première fois. Retour sage, pas de soirée débauche improvisée mais 33 points pour la « femme fatale toujours élégante ». Je ne sais ce qui m’a le plus plu, certainement les commentaires, plus que le score!
Surement puéril, ce plaisir égoïste!
Si je vous disais que le lendemain fut aussi une excellente journée? vendredi, Sep 10 2010
Uncategorized Eros, regard, rencontre 21:01
En partant travailler, je croise un voisin que l’été avait éloigné. Nous sommes tous deux pressés, il me salue rapidement : il y a longtemps qu’on ne s’étaient vus mais vous êtes toujours aussi ravissante!
Je souris en pensant à mon horoscope, entendu ce matin à la radio. Mon oreille distraite s’est pourtant intéressée à la promesse du jour : une rencontre pourrait vous troubler…
Ce voisin serait-il mon Eros aujourd’hui? me demandai-je en montant en voiture. La question fit naitre un sourire radieux sur mes lèvres.
Au bureau, j’ouvre mes mails. Une surprise m’y attend. Un nouvel Eros à l’horizon? Je ne sais. Peut-être! Je souris encore en pensant à cet horoscope mais n’ose provoquer l’homme qui m’écrit : ö Eros, peut-être en rêve ai-je déjà gouté votre peau… Il me semblait que vous aviez défait le foulard que je portais au cou, vous le rouliez avant de m’en faire de douces menottes puis de m’attirer sur vos chemins en disant « Viens! »
Fin de journée, regard croisé avec celui-là aux yeux verts bruns qui se penche à ma porte et me dit « à demain », sur un ton plus suave que d’habitude…
Eros aux mille visages mercredi, Sep 8 2010
Uncategorized corps, regard, rencontre 22:01
Un bonjour, ou pas, parfois quelques mots, parfois des romans, échanges devenus communs, par mail ou par billets interposés et équivoques… De ces femmes, de ces hommes, je ne sais presque rien. A peine quelques bribes de vie échangées. Je ne sais rien et pourtant, j’aime ces entrevues virtuelles. Celles qui font sourire ou celles qui font mal. J’aime ces rencontres avec ces hommes, ces femmes, étranges fantômes sans visage, sans corps, totalement dématérialisés, dont seule l’âme parfois transparait, ces pseudo-créatures qui parlent d’amour à leur façon, toutes différentes, avec passion, avec culture, avec expérience.
A vous que j’aime lire,
A vous que j’aime apprendre
A vous dont les mots me font sourire
A vous que j’espère encore
Battements de cil…
Mouvant regard lundi, Août 30 2010
Uncategorized friponne, provocation, regard 21:06
Bonjour. Bises. Palabres banales. Je le regarde. Et là, je dois avouer que je ne sais pas faire autrement que de regarder mon vis à vis dans les yeux : il en va toujours ainsi, quelle ques soit la personne en question. Donc, je le regarde, longtemps. Je l’écoute, lui répond, sans lâcher prise. Ephémère impression que j’entre à lui, qu’il est à ma merci.
Et au moment où je prends conscience de cette sensation, au moment où je formule mentalement cette évidence (il a de beaux yeux, songeais-je), à cet instant précis, il tourne la tête, fuyant mon regard inquisiteur, se libérant par là même de mon joug. Ô rage, ô désespoir!
Mais infime compensation à la pause cigarette (vous l’aurai-je déjà dit, mais je ne fume pas, sauf la pipe!) : il est debout à côté de moi, si proche qu’il entre dans ma sphère privée, d’instinct j’esquive et je recule. Puis je me replace…
J’adore jouer à voudra – voudra pas…
