Il y a aux abords de la forêt où j’aime me promener un petit parapet. De loin, je distingue sa silhouette. L’homme d’âge mûr se repose sans doute de sa promenade. Etendu sur les pierres, en plein soleil printannier, il semble dormir. Ce qui frappe dans sa posture, ce sont ses jambes repliées. Tout autre que lui aurait une jambe tendue et l’autre pliée pour se donner un air plus détendu. Est-ce une posture de yoga ou travaille-t-il ainsi ses abdos? Je m’approche à pas velours pour mieux le détailler.
Ses lunettes noires lui donnent l’apparence d’un pilote de chasse. Je l’imagine en train de répéter mentalement ses prochains looping pour la parade du 14 juillet et je me demande si en actionnant sa manette de gaz, il en sortira une traînée bleue, blanche ou rouge.
Crac. Une brindille sous mes pieds. Il ne sursaute pas mais tiré de sa torpeur me regarde m’avancer en souriant.
Hardi petit, je vais bientôt avoir la réponse à ma question. Je me suis installée sur lui, à califourchon. J’ai un peu tatonné au démarrage mais très vite, sur ses indications, j’ai manié le manche comme il fallait : il a franchi le mur du son!
Faire le mur mardi, Oct 11 2011
rétroviseur corps, fantasme, regard, rencontre 21:37
A version dimanche, Août 14 2011
Uncategorized bdsm, cul, fouet, provocation, rencontre 22:45
Invitation spéciale par l’entremise de connaissances communes. Belle campagne ensoleillée en cette douce soirée d’été. La piscine semble le passage obligé avant l’apéritif. Mon hôte, sa femme et quelques invités s’ébattent déjà dans l’eau. Lorsqu’à mon tour, je m’approche du bord, mon amie me présente et je suis acceuillie par un jet d’eau façon cachalot sorti tout droit de la bouche de notre hôte, que je rencontre alors pour la première fois. Désagréable impression.
Mi-quarantaine, à vue de nez, grisaillant, bedonnant, un visage dur avec des yeux acier mais dont les traits me paraissent familiers, ainsi que son accent, sans que, sur le moment, je puisse en identifier la cause.
L’eau ayant fraîchi, chacun éprouve le besoin de se réchauffer à l’alcool. Autour d’un verre, il évoque son parcours et sa nostalgie des baraques à frites. Je souris à cette évocation, comprenant enfin la familiarité des traits et de l’accent. Quelqu’un se tourne vers moi et crois bon de faire remarquer “ah, alors!”. Aussitôt, l’homme venu du Nord me questionne : “t’es de là-haut aussi, ti?” C’est malin, me voilà obligée de réciter mon pedigré, ce dont j’ai horreur, pour échapper au test du patois. Et en plus, il me tutoie sans me connaître. Fâcheuse soirée.
Comble de malchance, il se sent alors en terrain conquis et commence à raconter comment, Maître en sa demeure, il règne, enlevant au passage tout fard à sa bourgeoise. Demande-t-elle une aide? Qu’à cela ne tienne! Mais elle devra patienter quelques jours cependant! Il raconte ses frasques, fier, semble-t-il, de faire le contraire de ce qu’elle espère. Je la regarde alors. Elle l’excuse encore, d’un sourire triste en murmurant : c’est ma faute aussi, j’aurai dû deviner qu’il deviendrait comme ses parents! Je me demande pourquoi aucune révolte ne gronde en elle alors qu’au fur et à mesure que le récit avance, la moutarde me monte au nez.
Je note toutefois que le bonhomme ne me lâche pas des yeux et l’idée me vient alors de lui faire la leçon. Si cela fonctionne, ce sera une première pour moi et j’avoue que là, sans préméditation aucune, je marche sur des oeufs. Pourtant, je lance sur le ton de la plaisanterie mais avec une oeillade bien appuyée : “chez moi, c’est différent, je fouette celui qui ne respecte pas ma loi!” Excité, il répond en se frottant les mains “oh oui, oh oui, le fouet!”
Plus tard, dans la nuit, on se retrouve seuls, à quelques pas des invités. Il me propose alors de mettre en pratique. Nous nous dirigeons vers un cabanon qui lui sert d’atelier. Il l’ouvre, allume la lumière et me dit : à toi de jouer! Très vite, je repère quelques cordes et je l’attache à genoux devant son établi. Il m’indique ensuite qu’il se sert d’un martinet pour éduquer ses chiens et que celui-ci se trouve dans un tiroir de la console dans l’entrée. Je l’abandonne alors quelques minutes pour aller chercher l’instrument de torture. Je fais un détour par la petite fête, histoire que personne ne se doute de ce qui se trame. J’en profite pour récupérer aussi un verre de whisky. “Glaçons?” “Non, sec!”
Je ne bois jamais de whisky, sauf quand je fais des bêtises…
Je regagne le cabanon, bois une gorgée du liquide doré, pose mon verre sur l’établi et exécute la punition.
Clac! Le premier coup s’abat directement sur le fessier du monsieur. Il rigole. Tu peux frapper plus fort, tu sais, je suis un homme, moi!
Clac! Comme cela, cher ami? C’est mieux!
Clac! Et ainsi? Très bien!
Clac! Combien en voulez vous? Cinq!
Clac! Nous y sommes, mais c’est moi qui décide ; je dirais donc dix!
Je continue en rythme. Avec le temps, il semble trouver cela moins agréable, aussi je m’accroupis derrière lui et passant ma main entre ses cuisses, je m’en vais vérifier qu’il est bien dressé. Ma main lui redonne un peu de vigueur, je reprends alors mon manège tandis que son pantalon, sous les coups se désagrège.
Clac! C’est assez, me dit-il!
Clac! Comment oses-tu?
Clac! Pour la peine, je continue.
Au bout d’une nouvelle série, je me glisse sous lui, me colle, me frotte. Mon visage sous sa ceinture, mes mains qui le déboutonnent et ma langue qui glisse sur son torse lui donnent envie de rejouer.
Alors, je continue le maniement du fouet. A tour de bras.
La gaillard n’est plus si fier maintenant que saigne son derrière. Ses rires font place à des grognements. Il se tortille pour éviter les coups. Sa douleur m’hypnotise. Je bois, je fouette et je caresse tour à tour.
Combien de temps cela a-t-il duré, je l’ignore. J’ai mal au poignet. Quand soudain la porte s’ouvre. Les invités, inquiets de ne plus voir leur hôte, sont là. Ils restent muets un instant face au spectacle qu’il leur est donné : l’homme en chemise, encordé, agenouillé, cul nu n’a plus rien du roitelet qui les recevait il y a quelques heures à peine.
Reprennant mes esprits, je laisse tomber le fouet et me dirige vers la porte d’entrée, tandis que d’autres, un peu emméchés, se saississent de l’objet pour poursuivre ma besogne. Et dans un brouhaha, je distingue un hurlement. Je me retourne : les lanières viennent de laisser une trace rouge sur la chemise bleu ciel.
Je finis mon verre tout en respirant l’air frais de la nuit, le pose sur une table et quitte la partie. Je croise alors sa femme : “vous devriez y aller”, lui dis-je.
Plus jamais, je ne serai invitée…
Philosophie de boudoir dimanche, Juil 10 2011
rétroviseur and tendresse desir, main, plaisir lesbien, questionnement, regard, rencontre 22:08
En tête à tête avec moi, la rousse Gaelle ressurgit d’autrefois. Perdues de vue, retrouvées autour d’une tasse de thé. Échanges habituels : “tu vas bien? ton job?”. Puis la conversation dévie longuement sur les enfants, leurs dernières bêtises, leurs bons mots, les petits moments de tendresse quand ils trouvent que leur maman est une Princesse… On passe aux poissons rouges et autres animaux dont on s’entoure pour oublier le vide de nos vies. Le papa fait aussi l’objet de discussion, s’il est encore là ; mais jamais on évoque ouvertement nos couples respectifs. Sujet trop intime peut-être, pourtant, on se confiait tout à l’époque. Par fierté peut-être ou par un postulat essentiel : çà ne peut qu’aller, tout nous réussi, nous sommes forcément des “winners”. Pourtant, je devine, dans ses yeux verts, la lassitude ou l’habitude.
On se promet que la prochaine fois on se verra avec toute la smala. Ce qu’on ne se dit pas, c’est qu’ainsi on se jaugera :est-elle vraiment meilleure que moi? La bonne éducation des enfants, la solidité du couple seront les indices de réussite. Mais nous reverrons nous, c’est peu probable.
Je trempe un boudoir dans mon thé, il est l’heure de se quitter.
Sourires tristes qui se croisent, quand penchée à sa portière pour un dernier au revoir, en démarrant la voiture, le haut-parleur nous fait entendre “fatiguée d’attendre”. Nostalgie de nos années à nous, à nous deux, peuplées de désirs masculins, mais où nous tenions par la main … en cachette.
Haut voltage mardi, Fév 8 2011
tendresse caresses, rencontre 21:12
Il était électricien, si je me rappelle bien. Débarqué chez moi en tenue de travail, j’avais posé mes conditions sous forme de proposition commerciale : un deuxième tour de manège gratuit si nous évitions le grand huit au premier tour. Étonné d’abord, il a fini par négocier une remise de 50% pour la première fois, n’étant pas sûr d’y revenir. Une fois les clauses particulières établies, nous nous sommes approchés.
Lentement, j’ai dézippé son bleu de travail, découvrant avec surprise et intérêt qu’il ne portait rien en dessous. J’ai exploré son torse large et musclé (allez, allez, Messieurs, soyez beaux joueurs), jouant avec la pilosité de sa poitrine virile, poussant les caresses jusqu’en des lieux plus sensibles, pendant qu’il faisait de même. Impressionnée par tant de douceur, j’étais à deux doigts de me pâmer lorsqu’il a cessé brusquement. Il n’a eu que faire de mon regard implorant, me murmurant à l’oreille : « j’ai rempli ma part du contrat ».
Encore bandé, il s’est rhabillé. Électrisée, je lui demandais : « tu reviens quand? ». « Très vite », dit-il en souriant.
Et je suis restée là, le feu au ventre.
L’enfant gatée vendredi, Déc 10 2010
Uncategorized baiser, costume, rencontre 21:20
Aujourd’hui, c’est fête : je suis invitée à la cour, je dîne avec le Prince! J’ai mis ma plus belle robe, une robe rose longue à frous-frous, paillettes, longue traîne ; des bijoux, maquillée, parfumée, les cheveux longs remontés en chignon : une vraie princesse. Je me mire une énième fois dans le miroir, çà va être génial! A ce moment là, une servante entre pour me cirer une dernière fois mes jolis souliers et se met à me raconter les dernières rumeurs de la cour. Le Prince aurait été surpris en galante compagnie : Mlle Anaïs et Mme de N. se partageant ses faveurs, avec des gestes plus qu’indécents. Elle ajoute : mais, je crois que c’est Mme de N. qui obtient ses faveurs : il met à sa disposition son attelage royal, lorsqu’il ne l’accompagne pas lui-même dans ses promenades. Elle raconte, sans voir mes traits qui se crispent. Je connaissais la longue liste des courtisanes, mais aujourd’hui, ces rumeurs m’atteignent. Est-ce d’apprendre en même temps que le prince me convie à venir le rejoindre plus tard qu’à l’heure initialement prévue, parce qu’il promène Mme de N.
Enfin, ma servante se retire! Enfin, je peux donner libre cours à ma rage : je fulmine, je trépigne et me laisse choir à terre. Je me sens vidée, transparente, incapable de faire le moindre mouvement. Je n’ai plus envie de ce diner en tête-à-tête. Je suis comme l’enfant à qui l’on a promis deux boules de glace à la pistache et à qui finalement, on tend misérablement une boule de glace à la vanille et qui de colère n’a qu’une envie : vous la renvoyer à travers la tronche! Oui, mais je ne peux pas me permettre d’offenser un prince. La pendule marque l’heure du départ, je me lève sans entrain.
Arrivée au palais, le prince descend les marches du perron pour venir m’accueillir en personne ; dans un dernier mouvement de colère mal contenue, je claque avec force la porte de mon carrosse doré. Les valets présents me regardent étonnés, habitués, de ma part, à plus de discrétion. Le Prince lui-même en me baisant la main m’enjoint de me calmer. Je ne fais plus d’esclandre, je rentre dans le rang. Le diner est courtois.
A minuit, il est temps pour moi de rentrer, et dans le carosse qui m’emporte loin de ses yeux, j’abandonne le masque de princesse d’un soir. Les sentiments confus se bousculent, m’envahissent, me dominent et s’échappent en longs sanglots. J’ai honte de me laisser aller ainsi, j’étouffe mes cris de rage en me mordant avec violence.
Je regagne mon logis, je brise sur mon passage quelques bibelots et vases avant d’atteindre mon refuge, ma chambre, où je déchire ma robe et en jette avec fureur les lambeaux dans le feu. Ce spectacle en moi ne ravive aucune joie, au contraire, mon chagrin ne s’apaise pas. Mon désespoir coule sur mes joues : je ne serai jamais une princesse, juste une belle de nuit…
Tiraillements lundi, Oct 18 2010
Uncategorized rencontre 21:39
Ne t’en vas pas!
Il m’agrippe le poignet
J’ai froid
Tu te serres dans mes bras
Je n’ai pas fini
Ses mains m’immobilisent
J’en veux encore
Tu te jettes à mon cou
Il, elle, je vous veux vous, mais pas ensemble, vous n’êtes jamais d’accord!
On ne dit pas mercredi, Sep 29 2010
Uncategorized corps, desir, rencontre, travail 20:35
Il y a dans le bureau d’en face une dizaine de mâles, petits ou grands, bruns ou rasés et quelques représentantes de la gent féminine. Mais surtout, il y a Lui. Tenues seyantes légèrement extravagantes, cette touche d’originalité qui me change des habituels costards-cravate.
Il s’encadre dans la porte et je ne vois que lui, épaules carrés, muscles saillants mis en valeur par un haut très ajusté. Quelques jours pour se sourire. Puis, il me salue. Être surprise et rougir violemment, comme une débutante. Il pourrait être gardien de la paix mais je ne la connais plus depuis que je l’ai vu. J’ai rêvé qu’il soit encore mon garde du corps. Sentir son absence seule le soir, et par défaut, choisir le paquet de cacahouètes, visionner Bodygard en sirotant un verre de vin de noix. (Promis, je ne chanterai pas…)
Sa mission se termine à la fin de la semaine. Alors, de retour de pause, se croiser dans l’escalier, plonger mon regard dans le lac clair de ses yeux et lui avouer : çà ne se dit pas mais, je vous veux. Il a sourit et s’est approché…
Score jeudi, Sep 16 2010
Uncategorized jeux coquins, regard, rencontre, séduction, travail 21:51
Aujourd’hui, allez savoir pourquoi, je me suis mise à scorer. Il faut dire qu’en sortant de chez moi, je croise toujours ce voisin révérencieux : mais là, en une minute, j’ai droit à un « ravissante jeune fille, je vais toujours bien quand je vous croise, vous êtes mon soleil ». il fait chaud, il fait beau, et je vais être en retard. J’esquive, sourire aux lèvres et je fixe la règle : regard appuyé – 1 point
sourire ravi – 2 points
compliment – 3 points
+ si affinités – 4 points
J’arrive au boulot, je monte les marches, regard. Bises à l’un, lueur malicieuse, bise à l’autre qui me toise de la tête aux pieds (tiens, il me calcule, lui, aujourdh’ui?) (les bises, çà compte pas, c’est comme d’habitude). Les filles s’y mettent aussi. Quel délicieux supplice! Fin de journée, je quitte. Un des hommes de la société d’entretien m’aborde pour la première fois. Retour sage, pas de soirée débauche improvisée mais 33 points pour la « femme fatale toujours élégante ». Je ne sais ce qui m’a le plus plu, certainement les commentaires, plus que le score!
Surement puéril, ce plaisir égoïste!
Politesse samedi, Sep 11 2010
Uncategorized rencontre, sexe 20:48
Je n’aime pas les impolis pédants qui ne viennent vous saluer que lorsqu’ils y ont un intérêt
Mais j’aime le sexe sale avec des hommes courtois
J’aime les hommes intimidés qui oublient de me tutoyer
J’aime les hommes exaspérés parce que je préfère les vouvoyer
J’aime sourire à un bonjour pourvu qu’il soit sincère et non commandé par les règles de politesse.
Bonsoir!
Si je vous disais que le lendemain fut aussi une excellente journée? vendredi, Sep 10 2010
Uncategorized Eros, regard, rencontre 21:01
En partant travailler, je croise un voisin que l’été avait éloigné. Nous sommes tous deux pressés, il me salue rapidement : il y a longtemps qu’on ne s’étaient vus mais vous êtes toujours aussi ravissante!
Je souris en pensant à mon horoscope, entendu ce matin à la radio. Mon oreille distraite s’est pourtant intéressée à la promesse du jour : une rencontre pourrait vous troubler…
Ce voisin serait-il mon Eros aujourd’hui? me demandai-je en montant en voiture. La question fit naitre un sourire radieux sur mes lèvres.
Au bureau, j’ouvre mes mails. Une surprise m’y attend. Un nouvel Eros à l’horizon? Je ne sais. Peut-être! Je souris encore en pensant à cet horoscope mais n’ose provoquer l’homme qui m’écrit : ö Eros, peut-être en rêve ai-je déjà gouté votre peau… Il me semblait que vous aviez défait le foulard que je portais au cou, vous le rouliez avant de m’en faire de douces menottes puis de m’attirer sur vos chemins en disant « Viens! »
Fin de journée, regard croisé avec celui-là aux yeux verts bruns qui se penche à ma porte et me dit « à demain », sur un ton plus suave que d’habitude…
