Les hommes en sabot samedi, Nov 13 2010 

PLOC, PLOC, PLOC, PLOC. Les voilà revenus, les sabots!
Ils ne sont plus à la mode, mais toujours d’actualité.
Celui-là qui, d’habitude, me salue de loin,
Aujourd’hui s’avance et me tend la main
Comme si le fait de tenir un instant mes doigts entre les siens
Pouvait lui offrir l’opportunité d’accéder à mon corps tout entier.
PLOC, PLOC, PLOC, PLOC.
Et ce grand là dans le bureau d’en face,
Qui d’habitude entre et sort sans me jeter un regard
Et, aujourd’hui me dévisage, ose un sourire auquel, polie, je réponds.
Il se croit alors autorisé à pouvoir en avoir plus,
Fait demi-tour, s’installe un peu face à ma vitre, puis vient carrément y camper.
PLOC, PLOC, PLOC, PLOC.
Que dire de celui-ci qui, ayant d’autres occupations féminines
A perdu l’habitude de venir me saluer
Et qui ce matin, entre, s’appuie au mur l’air suffoqué
Pour m’avouer : vous êtes sublime, je devais passer
PLOC, PLOC, PLOC, PLOC.
Les hommes sont des terriens, ils n’onst pas oublié
Et les voilà qui courrent, complimentent, osent espérer
Pour une tenue seyante ou des cheveux lachés
Ils chaussent leurs sabots et gentilshommes déchus
Tentent de nous amadouer et de faire oublier
Que leur seul intérêt est de nous croquer crues.
C’est peut-être pour cela, que mon attirance pour es hommes-oiseaux (rares, s’entend) demeure
Eux qui ont ce pouvoir de me prendre la main et me faire voyager vers d’autres cieux
Car enfin, hommes en sabot, aujourd’hui rayonnante je suis, mais demain?
Seriez vous là, aussi, au bord de mon lit
A accourir, prévenants, devant ma mine fatiguée?
Je sais que certains oui, mon Ange me l’a dit
Car en ce moment, cela m’arrive souvent
La cause, sans doute, à cette petite graine d’humain qui en moi grandit.

Rêves d’une princesse mercredi, Oct 13 2010 

Mari volage
Baiser volé
Belle envolée
Sur les nuages

Fille pas sage
Aux mots osés
S’est posée
Sur le couchage

Histoire sans âge
D’amants mêlés
Sens éveillés
Qui font naufrage

Mon sport favori lundi, Sep 27 2010 

Alors voilà, pour commencer, il faut choisir avec soin, quelques quilles de belles dimensions. Selon les gouts, vous ferez votre choix dans un environnement plus ou moins proche. il n’est pas interdit d’utiliser certaines ayant déjà fait leurs preuves : des maris fort occupés peuvent faire l’affaire, des célibataires endurcis ou pourquoi pas votre idéal incarné pour l’occasion par un voisin, un ami, votre boss ou l’inconnu que vous venez de croiser mais à qui vous avez judicieusement eu le temps d’arracher (non, pas ses vêtements, pas encore, un peu de retenue, que diable!), d’arracher donc quelques précieux renseignements.
Faire une sélection rigoureuse, une dizaine d’âmes, pas plus. Moins, si vous le souhaitez, mais attention, n’en gardez jamais qu’une seule, c’est toujours plus difficile (plus de concentration pour moins de résultats, parce que dans l’autre cas, on peut toujours compter sur la chance, je vous expliquerai tout cela plus tard.
Ensuite, il faut bien les disposer, les tenir à distance respectable l’une de l’autre.
Enfin, il faut mettre en route la machinerie (pour ne pas dire la machination, mais là, ce serait tirer le diable par la queue… ce qui peut-être ne lui déplairait pas, allez savoir). L’objectif : faire tomber les belles quilles. Tous les moyens sont bons, avec une chance supérieure si le panel est relativement homogène bien sûr, selon des critères qui vous regarde, toute à chacun/chacune (pour moi, en l’occurrence, je viens de voir passer l’annonce pour un mondial de l’automobile avec la présentation de la nouvelle Lamborghini, je serais assez tentée de réduire mon panel à ses futurs heureux propriétaires, mais cela pourrait sembler à la fois vain et utopique. Et puis, finalement, je ne me sens pas aussi futile…) Cela me fait penser : je dois vous préciser si vous voulez faire un sans faute dans le parcours ainsi proposé, il est tout-à-fait utile de soupeser avec attention les capacités culbutatives (là, j’invente mais c’est pas grave, j’aime bien ce mot que je viens d’enfanter, çà a été super facile, et la maman est très fière de faire un outrage à la langue française. Peut-être qu’avec çà, il restera un peu de moi tatoué sur la peau du petit Robert! ;))de chacune des quilles. (Prenons un exemple flagrant et fort justement inspiré toujours par l’actualité : il serait parfaitement stupide de compter sur la belle Carey, qui bien que pouvant facilement se rétamer, ce ne sera probablement jamais pour vos beaux yeux : il vaut mieux tricher un peu et avoir moins de quille en liste!)
Bien, tout est en place. Maintenant, choisissez un angle d’attaque (c’est là que l’homogénéité du panel prime) : mettez en vous ce que vous pouvez de belle assurance rougissante, de provocation judicieuse, de retenue salvatrice. (Là encore, les qualités à mettre en avant doivent être adaptées à l’âge, aux gouts supposés ou réels de ceux que vous avez retenus).
Respirez, lancez vous!
Wii, Strike!

(N’y voyez là aucune rancune par rapport à mon précédent billet. Je suis d’humeur joueuse, en ce moment!)

L’objet de… jeudi, Sep 23 2010 

Belle journée ensoleillée
C’est pas le printemps, mais çà pourrait y ressembler
J’ai changé de look aujourd’hui. Style romantic canaille, vous connaissez?
Non, je viens de l’inventer : cheveux aux vents, chemisier blousant ajouré très léger, jupe longue, hauts talons en bois pour le côté romantique, et pour le côté canaille comprenez jupe fendue jusque mi-cuisses, et clous incrustés dans le cuir des chaussures. Ainsi parée, j’ai fait un tabac. La moisson de compliments était bonne. J’ai même eu droit à un « t’as un rendez-vous ce soir? », auquel j’ai répondu sur l’air le plus innocent que j’ai pu : « non, non! »
Retour à la maison, il fait encore jour, je décide de sortir mes poubelles. Je ferme la porte : d’un côté le sac poubelle, de l’autre le recyclage. pas glamour du tout, çà. Je vois arriver un voisin, je le salue tout en faisant tourner la clé dans la serrure. Il ne me répond pas mais arrivé à ma hauteur, il marmonne quelque chose. Surprise, sachant qu’il parle mal français, j’essaie de comprendre ce qu’il a ainsi désigné mais je ne vois que mes deux sacs poubelles, je me retourne :
Pardon?
Il me regarde avec un grand sourire et répète : quelle jolie marchandise!
« Si c’est le cas, je suis un luxe que tu ne peux pas te permettre », lui dis-je en m’éloignant.
Je suis vexée!

Score jeudi, Sep 16 2010 

Aujourd’hui, allez savoir pourquoi, je me suis mise à scorer. Il faut dire qu’en sortant de chez moi, je croise toujours ce voisin révérencieux : mais là, en une minute, j’ai droit à un « ravissante jeune fille, je vais toujours bien quand je vous croise, vous êtes mon soleil ». il fait chaud, il fait beau, et je vais être en retard. J’esquive, sourire aux lèvres et je fixe la règle : regard appuyé – 1 point
sourire ravi – 2 points
compliment – 3 points
+ si affinités – 4 points
J’arrive au boulot, je monte les marches, regard. Bises à l’un, lueur malicieuse, bise à l’autre qui me toise de la tête aux pieds (tiens, il me calcule, lui, aujourdh’ui?) (les bises, çà compte pas, c’est comme d’habitude). Les filles s’y mettent aussi. Quel délicieux supplice! Fin de journée, je quitte. Un des hommes de la société d’entretien m’aborde pour la première fois. Retour sage, pas de soirée débauche improvisée mais 33 points pour la « femme fatale toujours élégante ». Je ne sais ce qui m’a le plus plu, certainement les commentaires, plus que le score!
Surement puéril, ce plaisir égoïste!

Parler d’amour mercredi, Juil 7 2010 

Parler d’amour avec un homme, en étant soi même femme, çà n’a jamais le même effet que lorsque vous parler d’amour avec une autre femme. Parler d’amour avec un homme, c’est parfois mieux que de le faire, même si çà laisse des traces parfois, à fleur de chair. Je trouve cela étrange aussi de raconter à un homme des histoires de lingères en lingerie, des confessions de boudoir ou les cris horribles des femmes qu’on empale sur de puissants pieux. Comment évoquer toutes ces choses, sans faire naitre un regard lubrique, sans s’entendre dire : maintenant, fais moi voir, là, dans le noir…
A la lumière d’un bougeoir, défaire les boutons de la petite robe noire, en écarter les pans, laisser apparaitre dans la lumière blafarde, un bustier de dentelle. Laisser les pans retomber de chaque côté de la chaise, sans que la poitrine ne se gonfle de désir ardent, ne pas sentir ses paumes posées sur mes genoux d’un léger mouvement auquel j’obtempère, entrouvrir mes cuisses pour les révéler à la lumière. Ne rien savoir de la suite, parler sans le faire?

J’ai croisé Eros vendredi, Juin 11 2010 

Aujourd’hui, invitée au restaurant pour jouer les clientes lors d’un examen, je déjeune gratuitement. Le repas est délicieux, le service à parfaire, bien sûr, à cause du stress. Les mains tremblent un peu, l’hésitation se fait sentir, tous se sentent épiés, et pour cause : l’oeil vigilant des examinateurs traque les moindres faits et gestes. Quelques rappels à l’ordre, des conseils bienveillants, ces derniers recadrent gentillement les candidats.
Parmi les examinateurs, j’en reconnais un, car ce n’est pas la première fois que je participe à ces petites séances. Ancienneté oblige, il dirige les autres, se déplace dans la salle longtemps impassible et discret. Je lui donne la cinquantaine, peut-être son crâne rasé, le rajeunit-il? Il a la bonne chère inscrite sur son bedon et ses bajoues qui arrondissent le visage.
Il déambule donc. A un moment, nos regards s’accrochent. Il s’immobilise ou ralentit fortement en tout cas, je ne perçois pas vraiment le mouvement : j’ai plongé dans ses yeux bleus délavés! Il esquisse un sourire à mon attention. Je le lui rends, le sien s’élargit : ses yeux moins scrutateurs me semblent s’agrandir. Nous restons un instant les yeux dans les yeux, immobiles et muets. Mon vis à vis me parle mais je ne l’écoute pas. Rien ne compte que cet échange.
Puis il reprend sa surveillance, sa place, son rôle. Il passe à côté de moi, nos yeux se quittent, son visage s’est refermé pour ne pas laisser deviner aux candidats des indices sur leur note à venir. Terminus.
J’adore ces moments où l’autre capte notre attention, où son regard nous sort de la masse humaine qui nous entoure, nous grandit un instant, puis nous abandonne car la vie doit se poursuivre.

No sex mercredi, Juin 2 2010 

Aujourd’hui est une journée « no sex ». Une journée qui commence mal comme un yaourt renversé à terre et qui se termine de la même manière. Sensualité : 0 pointé!
J’aime quand Eros pose les yeux sur moi, sans rien demander, sans rien attendre. Alors, ils me réchauffent le coeur, car pour un instant, j’existe. Et aujourd’hui, il est passé tout près, il m’a frôlé. Le genre de mec dont tu sens qu’il est bien ancré sur ses deux pieds, qu’il tangue pas dans la tempête. Celui qui te paraît tellement immense sur l’instant que tu te trouves tellement petite, que tu finis, comme le yaourt, par terre, comme une merde. T’as fait un faux pas à force d’avoir river les yeux sur lui et boum! Le seul moment où tu voudrais avoir l’air intelligente et belle, tu te gamelles. Tu rêvais d’un café avec lui et tu te retrouves le brushing en travers de la figure. « No way » fait-il en s’éloignant mort de rire.
Tu te relèves, presque tu t’insultes, tu en veux à ces échasses que tu portes aux pieds, à ta jupe moulante qui soudain te fait un gros cul… Vite, t’essaies de reprendre possession de tes moyens, sur le tard tu adoptes la méthode Coué et chantonnes « Je m’en fiche! Je m’en fiche! » de plus en plus fort pour faire taire ton côté obscur qui a entamé sa rengaine : « oh, la loose! Rater une occas’ pareille! »
Et tu rentres chez toi, la honte et la rage au coeur. Tu te détestes soudain d’avoir pas eu la folie toute simple de lui sauter au cou en disant, « eh, toi, racontes moi tes voyages, dis-moi tes eaux troubles! ». Tu cogites un brin, développes les arguments : et en plus, si çà tombe, il est timide, et deux timides, qu’est ce que çà se raconte? Rien! On aurait refait la grande scène de cette somptueuse mais oubliée pièce de théatre « La catin est une cata! » Vous ne connaissez pas? Mais, si! Cherchez bien. C’est l’histoire d’une fille qui s’appelle Cathy, qui cherche à apprendre à lire entre les lignes et qui tombe toujours, irrémédiablement à côté. Dialogue de sourds. Ici, dialogue de muets.
Les arguments sont pas convaincants mais tu t’efforces d’oublier. Au moins jusque demain.
Parce que demain, sera peut-être une journée avec. Parce que tu sais déjà, que demain, à la même heure, au même endroit, tu l’attendras. Dès fois qu’il repasse par là et qu’il ait oublié ta mésaventure d’aujourd’hui.
No way, really?

Partenaire particulier lundi, Mai 24 2010 

Cela fait plusieurs fois que nous nous rencontrons. Au début, laconique, il avait peu à peu justifié sa démarche. Nous n’aurions pas du nous revoir mais il s’est dit en confiance. Il s’accroche au célibat comme à une bouée de sauvetage, ne veut pas le lâcher et ne voit en moi qu’un moyen d’y parvenir. Il est pourtant bien fait, il pourrait s’offrir d’autres femmes. Pourquoi pas? Et moi à le regarder, cultivé et nonchalant, et moi à le sentir bien assuré sur ses deux pieds, comme un marin dressé dans la tempête, j’ai l’impression que mon corps explose, vient se coller à lui en mille morceaux gluants, pour que sa peau et la mienne soit fusionnées à jamais.
Ce soir, il a appelé. Ce soir, j’ai dit non, sans une explication. Je lui ai dit « plus jamais » quand mon corps lui disait « oui toujours ». Je ne dois plus le revoir, ce serait ne pas le respecter…

Premier prix lundi, Mai 17 2010 

Un concours? Pas vraiment, disons plutôt un tirage au sort. Je n’y ai pas participé volontairement, quelqu’un a dû m’y inscrire à mon insu. Mais voilà, je suis l’Elue. Bien sûr, je devrais dire l’heureuse élue de son coeur, mais quand je le regarde, je ne peux que contenir un haut-le-coeur et pleurer sur mon malheur. Pourquoi? Mais pourquoi moi? Qu’ai je fait pour mériter « çà »? « Cà » ou devrai-je dire « lui » est un binoclar à l’acné juvénile farouchement installée, doté d’un toc tel que vous croyez être victime d’une certaine persistance rétinienne vous remémorant les feux de détresse d’une voiture qui clignotent dans le noir d’un soir de pluie. Il est un peu plus grand que moi, je le méprise car il est redoublant. Je ne vois en lui rien de viril qui pourrait m’attirer : ce gringalet a pour habitude de chercher des noises aux autres et tombe en couinant sous les coups qui pleuvent en réponse à ses fourberies.
Je ne lis pas plus de sentiment dans ses petits yeux sombres, mais au sourire qu’arbore sa grande bouche, je sais qu’il me désire. Nous sommes dans une salle de spectacle, il est assis à côté de moi. Il se penche alors vers moi et me demande de l’embrasser. Je lui réponds « non » et détourne le visage vers la scène. Il sort alors un billet de sa poche et réitère sa question. Je suis troublée, il le sent, s’engouffre dans la faille. Ce n’est pas bien, j’en suis consciente mais qu’en même du fric, juste pour un baiser, çà fait réfléchir. Il me dit que si je préfère, il pourra m’offrir du parfum. Ah, mais non, alors! Je préfère encore l’agent qui n’a pas d’odeur, plus facile à dissimuler, et puis le parfum il ne l’a pas avec lui alors si je l’embrasse je risque fort de ne jamais le voir. J’ai saisi le billet, j’ai fixé le plafond pour oublier cette drôle de sensation au fond de moi, la naissance de la honte. Ses lèvres glaciales et humides se sont posées à la commissure des miennes.
Mon pire baiser : j’avais 11 ans.

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