Passe moi le savon! jeudi, Fév 17 2011 

Soleil printanier sur le sable blanc de la Manche. Dans le ciel, des avions, des mouettes, des cerfs-volants. Sur la plage, un homme marié dont la femme et les enfants sont partis en vacances. Lui, retenu par le travail, ne les a pas suivis. Mais, en ce weekend, il s’accorde une pause liberté à mes côtés. Il m’a appellé pour vérifier mes disponibilités, a réservé une chambre avec vue sur la mer. Et nous voilà ensemble pour la journée. Au programme : baignades, bronzette, pique-nique au bord de l’eau, sieste, lectures, conversations en duo, comme un vieux couple.
Mais voilà, c’était sans compter sur les caprices de la météo et en fin de journée, le ciel s’assombrit. On remballe nos affaires pour regagner la voiture laissée au bout du chemin sablonneux, quelque part au milieu des dunes. Une pluie tiède se met à tomber. Bientôt, ma robe de plage colle à ma peau, nous peinons à avancer et nous sommes bel et bien trempés en arrivant à son véhicule.
Il charge dans le coffre les paniers, puis revient vers moi. Sa main caresse mon visage comme pour en chasser les gouttelettes qui ne cessent de ruisseler. Il me sourit et demande : reste, s’il te plaît. Comme j’hésite, il m’attire vers lui et me bascule sur le capot. Son torse collé au mien, mes jambes croisées dans le bas de son dos, lentement, silencieusement, il progresse en moi. La pluie martèle le capot. Son souffle chaud balaye mon visage. Je ferme les yeux. Ses bras m’enserrent pour éviter que mon corps ne se déplace à chaque nouveau coup de rein plus ample que le précédent. Longtemps, nous ondulons ainsi, parfaitement enlacés. Puis une extase presque muette. La pluie tombe toujours.
Retour à l’hôtel, la douche chaude, les vêtements secs, avant de descendre à la salle de restaurant. C’est l’heure des plaisirs de la chère avant d’autres heures plus torrides. Mais je sais déjà, qu’à ses côtés, la nuit sera longue et douce.

Ô chaude! lundi, Jan 24 2011 

(Décidément, un thème récurrent ces derniers temps.)
Après une soirée arrosée, dans tous les sens du terme, nous avions fini en transes. Il était temps pour moi de partir, aussi, je me dirigeais vers la douche, histoire de reprendre une allure plus présentable. Je fais couler l’eau brulante sur ma peau. La vapeur envahit l’espace. J’aime ce moment de sérénité. Il me rejoint sous l’eau, râle un peu parce que c’est trop chaud. On se savonne en silence. Puis, il m’attrape par les hanches, me serre contre lui. Nos corps se frottent. C’est doux, la mousse partout! Je sens son regard se perdre dans mes yeux. Il rouvre l’eau et me dit : viens, je vais te rincer. J’ai horreur d’avoir de l’eau dans la figure, alors je me retourne et il rince mes cheveux longs, puis la douchette se promène le long de mon corps. Il appuie sur le stop douche et me serre à nouveau contre lui. Je prends conscience de son membre raidi qu’il tente, malgré la promiscuité de maintenir hors de contact. Mais comme je fais le geste inverse, il saisit mes poignets, me plaque les mains au mur, se colle contre moi, et alors que son sexe se positionne contre le mien, il murmure à mon oreille : « je peux? ».
J’aime les hommes polis, alors je n’ai pas joué les reines, tellement heureuse de recevoir une si douce demande…

Le bonheur d’Angelina vendredi, Oct 22 2010 

Angelina me regarde. Nous sommes nues et nous nous faisons face, sans nous toucher d’abord. Elle a le regard qui brille de bonheur en m’annonçant : je suis femme à nouveau, totalement femme. Je comprends ce qu’elle m’explique doucement, pudiquement. Je mesure tout le sens de son regard.
Angelina est célibataire. Angelina a deux enfants. Et Angelina est belle, rayonnante de joie.
Je me place derrière elle, la prend dans mes bras et la berce doucement. Puis mes mains glissent sur son ventre plein et les siennes me rejoingnent. De nos mains caressantes et chaleureuses, nous dansons un ballet, comme un étrange hymne à sa maternité. Elle me dit la chaleur de son ventre, le nid douillet fait à l’enfant qu’elle porte.
Angelina est pleine d’amour, c’est pour cela que je l’aime…
Mes mains caressent ses seins. Angelina a besoin de douceur et c’est près de moi qu’elle est venue la chercher… Ô Bonheur!

Chapitre 3 : un ange passe jeudi, Oct 21 2010 

Malade, ce soir. Tenue casual : grosses chaussettes, pull extra large qui couvre mes genoux déjà au chaud sous le caleçon. Recroquevillée sur le canapé, à siroter mon thé pour me tenir éveillée, malgré l’heure, malgré le froid, malgré qu’il faudrait mieux dormir pour se soigner. Sweet music. Mélancolie. Me revient alors cette chanson : I’m a barbie girl … life in plastic , it’s fantastic : you can brush my hair, undress me everywhere. Des fois, je voudrais bien n’être qu’une poupée : sans coeur. (Et le seul Ken dont je rêvais, fut sans doute Ken le survivant : violence abrutissante au nom du Bien).
Le disque est fini, le silence envahit la pièce. Dehors, pas un bruit. Je crois qu’il neige. Et là, frisson étrange. Je sens sa présence. Assis, contre moi, derrière moi, il me serre dans ses bras. Il y a sa chaleur contre mon corps. Comme à chaque fois que le doute envahit ma vie, il me revient. Comme quand j’étais petite et qu’il venait me protéger des ses immenses ailes blanches. Déjà, la tranquillité interne renait.
Mais, aujourd’hui, il se produit quelquechose de tout à fait inhabituel. Du bout de ses ailes, il dessine pudiquement les contours de mon visage, de mon corps. Tout doucement. J’ose à peine respirer, je n’ose le questionner de peur que le son de ma voix l’effraie et le fasse s’envoler. Il me semble qu’un souffle caresse mon cou. Jamais mon ange ne m’avait ainsi effleuré, il s’était toujours contenté d’être là, de m’offrir sa présence rassurante.
Je me prends à rêver qu’un homme un jour puisse me toucher ainsi, avec autant d’infinie tendresse et de sensualité. Et la présence de l’ange, ce soir, me laisse croire qu’un jour mes rêves seront réalité. D’ailleurs, c’est sans doute le message qu’il voulait me délivrer car déjà il a disparu…
Merci, mon ange, d’être là.

Embrassades jeudi, Sep 9 2010 

Ce matin n’est pas coutume, ce sont les baisers de femme qui m’émeuvent le plus. Collègues qui d’habitude ne suscitent pas d’envies particulières. Mais aujourd’hui, aujourd’hui! Mon gilet, dont l’encolure en V est un peu large pour mes frêles épaules, a glissé sur celles-ci entrainant par la même la bretelle du soutien gorge. j’entre dans le bureau de la standardiste. Il est ainsi agencé que j’arrive par derrière elle. Elle fait pivoter sa chaise et me dévisage de la tête aux pieds. Ce comportement inhabituel ne me déplait pas vu l’intérêt que je lis dans son regard. Je la devine déstabilisée. Elle se lève et pose sa main sur mon épaule dénudée en m’embrassant. Frissons.
Plus tard, la secrétaire aux seins lourds vient chercher du secours auprès de moi. On se dit bonjour, posture différente, nous sommes plus près l’une de l’autre que les autres jours et nos poitrines s’écrasent l’une contre l’autre.
Vivement demain!

Chipie! jeudi, Juil 8 2010 

Première rencontre. Un snack. Petite table à l’ombre. Parler de tout et de rien, des vacances qui approchent, de la famille. Tâter le terrain, lentement. Croiser les regards pour savoir. Si un jour, peut-être, on osera aller plus loin. Petit vent qui égaye l’atmosphère lourde de l’été. Je propose un échange de bouteilles (elles ne sont pas entamées!), il me répond qu’il souhaite garder ses microbes pour lui. Il ne mange pas ses pommes de terre et m’invite à piocher dans son assiette. Je refuse ses microbes, il hausse les épaules, dans un rire étouffé j’ajoute : non, merci, çà ira. « Chipie! » souffle-t-il dans un sourire.
Ces mots m’habillent d’une parure nouvelle, une tenue bariolée, pétillante de vie.
Pour lui, je suis devenue très chipie, je crois. Jugez plutôt : je suis seule dans son bureau, je me penche en avant légèrement au dessus de celui-ci pour attraper un dossier, mélange quelques papiers. J’entends la porte s’ouvrir lentement derrière moi, puis, pas un bruit, personne n’entre ni ne dit mot. Je réalise alors, que dans ma position ma petite robe courte doit révéler astucieusement le haut de mes cuisses. Et j’accentue ma posture, histoire de réveler la part d’Obsessif qui est en lui.
« Miaa, s’il vous plait » dit-il à voix basse. Je me retourne en souriant pour découvrir son regard toujours fixé sur mes jambes…

Parler d’amour mercredi, Juil 7 2010 

Parler d’amour avec un homme, en étant soi même femme, çà n’a jamais le même effet que lorsque vous parler d’amour avec une autre femme. Parler d’amour avec un homme, c’est parfois mieux que de le faire, même si çà laisse des traces parfois, à fleur de chair. Je trouve cela étrange aussi de raconter à un homme des histoires de lingères en lingerie, des confessions de boudoir ou les cris horribles des femmes qu’on empale sur de puissants pieux. Comment évoquer toutes ces choses, sans faire naitre un regard lubrique, sans s’entendre dire : maintenant, fais moi voir, là, dans le noir…
A la lumière d’un bougeoir, défaire les boutons de la petite robe noire, en écarter les pans, laisser apparaitre dans la lumière blafarde, un bustier de dentelle. Laisser les pans retomber de chaque côté de la chaise, sans que la poitrine ne se gonfle de désir ardent, ne pas sentir ses paumes posées sur mes genoux d’un léger mouvement auquel j’obtempère, entrouvrir mes cuisses pour les révéler à la lumière. Ne rien savoir de la suite, parler sans le faire?

Journée d’évaluation de l’activité professionnelle mardi, Juin 15 2010 

Il lui fallait être en forme, dopée, mordante, et ô combien sereine et souriante, totalement détendue. Bref, faire impression, bonne impression. Nous avions donc décidé de passer ensemble les dernières heures de la nuit, ou comment affronter une telle journée si ce n’est en s’étant au préalable repue de multiples sensations bénéfiques, pour se sentir belle, se sentir exister. Nous nous sommes retrouvées à l’aube dans cette chambre d’hôtel face à la plage.
J’étais là pour lui accorder toute l’importance qu’elle méritait, pour délasser son corps et vivifier son esprit. J’étais là pour lui dire que sous mes doigts, je la façonnais belle, que sous ma langue, elle était la meilleure, et que dans nos assauts, elle était la plus forte.
La tête perdue entre ses cuisses, je l’entendis soudain m’affirmer, entre deux soupirs, « çà ne va pas! Aujourd’hui, je ne dois pas me faire baiser! Tourne toi, que je te prennes ». J’ai ri puis à quatre pattes, tournée vers elle, je l’ai laissée jouer en moi.
Nous nous sommes enfin levées, douchées.
Un thé, un pain au chocolat, pour compléter les plaisirs de bouche, comme un plein bol de dopamine
Un coup d’oeil à son maquillage léger, à sa jupe courte, sans trop, à son décolleté bien ajusté. Clins d’oeil, sourires. « Tu es magnifique, ce sera une belle journée ».
A midi, elle m’a appelée, heureuse : on remet çà l’an prochain, j’ai eu ma promotion. Je t’adore.

J’ai croisé Eros vendredi, Juin 11 2010 

Aujourd’hui, invitée au restaurant pour jouer les clientes lors d’un examen, je déjeune gratuitement. Le repas est délicieux, le service à parfaire, bien sûr, à cause du stress. Les mains tremblent un peu, l’hésitation se fait sentir, tous se sentent épiés, et pour cause : l’oeil vigilant des examinateurs traque les moindres faits et gestes. Quelques rappels à l’ordre, des conseils bienveillants, ces derniers recadrent gentillement les candidats.
Parmi les examinateurs, j’en reconnais un, car ce n’est pas la première fois que je participe à ces petites séances. Ancienneté oblige, il dirige les autres, se déplace dans la salle longtemps impassible et discret. Je lui donne la cinquantaine, peut-être son crâne rasé, le rajeunit-il? Il a la bonne chère inscrite sur son bedon et ses bajoues qui arrondissent le visage.
Il déambule donc. A un moment, nos regards s’accrochent. Il s’immobilise ou ralentit fortement en tout cas, je ne perçois pas vraiment le mouvement : j’ai plongé dans ses yeux bleus délavés! Il esquisse un sourire à mon attention. Je le lui rends, le sien s’élargit : ses yeux moins scrutateurs me semblent s’agrandir. Nous restons un instant les yeux dans les yeux, immobiles et muets. Mon vis à vis me parle mais je ne l’écoute pas. Rien ne compte que cet échange.
Puis il reprend sa surveillance, sa place, son rôle. Il passe à côté de moi, nos yeux se quittent, son visage s’est refermé pour ne pas laisser deviner aux candidats des indices sur leur note à venir. Terminus.
J’adore ces moments où l’autre capte notre attention, où son regard nous sort de la masse humaine qui nous entoure, nous grandit un instant, puis nous abandonne car la vie doit se poursuivre.

L’homme au costume bleu marine samedi, Mai 29 2010 

J’ai un faible pour les hommes en costume, sans exigence pour la cravate qui trop souvent malheureusement s’affiche comme LA faute de goût.
Donc, l’homme au costume bleu marine est un de ces hommes que je caresse du regard :jamais il ne sera à moi.
Vient le moment magique, le comble de la sensualité pour moi : il a fermé la porte du bureau où il me reçoit. Il ôte sa veste lentement, la dépose sur une chaise, défait nécessairement le premier bouton du col de sa chemise, s’enfonce dans son fauteuil confortable, croise les pieds sur son bureau, souverain et détendu. Puis il me couve du regard un moment, enfin sa main tapote l’accoudoir l’air de dire  » à vous, maintenant ».
Ce petit moment où il laisse tomber son costume d’homme affairé pour redevenir un Homme, est pour moi le plus intense. Pour une seconde d’intimité partagée, d’abandon offert, juste cette seconde où il est (comme) à moi.

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